vendredi 10 novembre 2017

Pauvreté et richesse - Essai de définition et de classification

Richesse et pauvreté ne doivent pas s’entendre comme les attributs du bonheur et du malheur. S’il est des riches malheureux, le plus souvent pour n’avoir pas compris que d’autres formes de bonheur que la fortune matérielle existent, les pauvres heureux ne sont pas rares. Sans être pour autant heureux d’être pauvres, ils considèrent qu’il existe d’autres façons d’être riche que de posséder autant ou plus qu’autrui. Ces deux concepts doivent donc être pris au sens le plus large ; quantifiable parce que le plus souvent d’ordre matériel (revenu, patrimoine), mais pouvant aussi être de nature immatérielle.

C’est dans ces conditions que peuvent être dégagés des critères de différenciation entre individus et groupes d’individus, face à l’échelle de richesse de la société.


— Est pauvre celui qui n’a n’a pas de quoi satisfaire tout ou partie de ses besoins vitaux que sont, par ordre alphabétique :
a/ un abri – il ne dispose pas de quoi héberger dignement lui-même et sa famille, quand il n’est pas privé du moindre refuge.
b/ l’alimentation – il souffre de la faim ou de malnutrition.
c/ l’habillement – il est dépourvu de vêtements en rapport avec la dignité qu’ils peuvent lui conférer et/ou les conditions, notamment climatiques, dans lesquelles il vit.
d/ l’hygiène et la santé – il n’a pas couramment accès au minimum de soins médicaux et ne dispose pas d’eau potable. Eu égard à la quasi-inexistence de réseaux d'assainissement et de sanitaires privés en certains lieux de misère, l’usage de toilettes collectives, même dépourvues d’eau courante comme le sont le plus souvent des installations de fortune, masque ce critère.
e/ l’instruction – il ne bénéficie pas d’un enseignement qui lui permettrait l’apprentissage minimum de la lecture, de l’écriture et du calcul.
Compte tenu de la montée des désordres et violences de toutes sortes partout dans le monde, et du degré particulièrement élevé de vulnérabilité des plus démunis face à ce fléau, la sécurité est en voie de s’ajouter officiellement à la liste des indicateurs de pauvreté.


— les pauvres profonds se distinguent, à la marge inférieure de la pauvreté, par un revenu quotidien inférieur à un minimum déterminé périodiquement par l’ONU et fixé fin 2016 à 1,9 dollar. Chaque pays peut convertir ce montant dans sa propre monnaie, avec les distorsions qui peuvent en résulter, mais quoi qu’il en soit, peut-être considéré comme pauvre profond, partout dans le monde, l’être humain dont les besoins vitaux ne sont pas satisfaits dans leur totalité, que son revenu soit supérieur ou non à 1,9 dollar par jour.


— Est riche celui qui a de quoi satisfaire tous ses besoins vitaux et accède, dans une mesure extrêmement variable, au confort et au superflu, notions qui se définissent par leur contraire qu'est la pauvreté, et inversement.


Compte tenu des situations ainsi présentées et de l’impossibilité de fixer les limites aussi bien inférieures que supérieures de la richesse, contrairement à ce qu’il en est pour la pauvreté, qui ne peut descendre au-dessous du dénuement total, le concept de classes moyennes s’est imposé et est appliqué à des populations dont il a tantôt intégré tantôt exclu tels ou tels représentants, au gré des courants de la pensée politique et sociale. Figurent donc parmi les classes moyennes, aussi bien des “bourgeois”, des cadres supérieurs ou non, des commerçants, petits ou gros, des représentants de professions libérales, des intellectuels, etc. autant de dénominations dont l’hétérogénéité n’a d’égal que le flou et renvoie in fine autant à des patrimoines qu’à des revenus, pour déterminer dans l’imaginaire collectif un niveau de richesse sujet à bien des amalgames et approximations.


Au-delà de ces définitions et de leur imprécision – que ne suffisent pas à clarifier les coefficients, indices et autres paramètres (PNB, PIB, indice de Gini, déciles, etc.), auxquels elles sont ramenées – quelle que soit l’aune à laquelle la richesse d’un individu ou d’un groupe est mesurée, pauvreté et richesse se définissent avant tout l’une par l’autre. Sans richesse pas de pauvreté et inversement. Il est donc proposé ici d’adopter avant d'en étudier la répartition, une définition de ce qui constitue le patrimoine matériel et immatériel de l'ensemble de la société, les éléments constitutifs en étant : les savoirs et leur matérialisation artistique, technique, scientifique, etc. ; les capitaux, infrastructures, outils de production ; stocks de matières premières, produits finis et en cours d’achèvement ; etc. Cette énumération conduit à la définition suivante de la richesse globale de la société : Somme des richesses matérielles et immatérielles, naturelles et résultant de l’ensemble des activités et autres apports de tous les membres de la société. À noter la présence du qualificatif de naturelles, qui souligne le fait que la richesse de la collectivité n’est pas le fruit de la seule activité de ses membres, mais inclut ceux de la prédation, irréversible, qu’ils exercent sur leur environnement, que ce soit ou non pour alimenter leurs activités.


Dès lors, cette richesse globale de la société peut être divisée par le nombre des individus qui la composent à un moment donné, pour connaître la richesse moyenne de chacun d’entre eux. Inversement, la richesse globale est égale à la richesse moyenne individuelle multipliée par le nombre d’individus composant la population.


À titre d'exemple – le volume de la pyramide sociale représentant par convention l’importance de la population qui l’habite – la répartition quantitative et en pourcentage de la population par catégories sociales telles que résultant des définitions proposées ci-dessus, est au début du XXIe s., celle indiquée dans la figure ci-après.


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Population par catégories sociales, en pourcentage et en nombre, en l'an 2000 

mardi 7 novembre 2017

Comment tout peut s'effondrer

Comment tout peut s'effondrer
De Pablo Servigne et Raphaël Stevens – Éditions Seuil

Note de lecture, en réponse à un article paru récemment dans Le Point.


Classique inventaire des catastrophes qui nous attendent, assorti d'arguments en faveur de la décroissance, suprême recette d'une certaine écologie. Surprise toutefois ! La démographie est mentionnée. De manière rassurante, puisqu'une prochaine transition démographique devrait résulter de la raréfaction des ressources énergétiques de la planète. Ainsi évoquée sans le moindre développement, un peu à la manière dont la poussière est poussée sous le tapis, la surpopulation laisse comme d'habitude la vedette à ses conséquences présentes ou annoncées, que sont la pollution, le réchauffement climatique, la pénurie alimentaire, les désordres et les violences dus aux déséquilibres sociaux, l'impuissance politique, etc.

Selon les auteurs, un collapsus est d'autant plus à craindre que la rupture des verrous dont il dépend est proche. Or la rupture du verrou démographique est d'ores et déjà avérée. Ne suffit-il pas pour s'en rendre compte, de voir l'accroissement dramatique des flux migratoires, provoqués par certaines condition de vie ici et là ? C'est donc un déni de réalité en même temps qu'un non-sens coupable que d'attendre le salut en la matière d'un épuisement des énergies fossiles. Déjà exploitées comme le pétrole, ou en cours d'évaluation comme les hydrates de méthane, elles sont encore loin d'être épuisées ; sans compter les progrès à venir dans le domaine des énergies renouvelables, ou ce que la nécessité pourra conduire le génie humain à inventer (Voir à ce sujet, paru depuis la rédaction de la présente note : 
https://www.france.tv/documentaires/science-sante/14117-du-sel-dans-mon-moteur.html)
Il n'en demeure pas moins que les autres risques existent, mais là encore les verrous ont déjà été rompus, du seul fait d'une population humaine dont l'appétit dépasse les ressources connues de la planète, ce qui ramène inexorablement aux racines du mal.

La décroissance est alors présentée comme la solution. Promesse d'une frugalité égalitariste, en attendant l'indigence pour tous, elle permettrait à l'humanité de satisfaire sa suprême ambition ; cette immortalité qu'est censée lui assurer une nombreuse descendance. À contre courant d'un progrès dont il est prévisible que l'espèce humaine refuse de se priver, avec en prime la perspective d'un destin de fourmis. De quoi réfléchir avant de s'y résoudre.

Mais il y a encore plus inquiétant dans cet ouvrage que ce choix de la décroissance : la déresponsabilisation des individus, tel que l'exprime la métaphore par laquelle ses auteurs évoquent un véhicule dont les freins, le moteur et la direction sont en train de nous lâcher. N'est-ce pas oublier un peu facilement la responsabilité du conducteur ? Rien de bien étonnant d'ailleurs, à une époque où "la mer tue", "la montagne tue", "la route tue" …, autant d'expressions révélatrices de la manière dont l'homme se défausse de ses responsabilités. À moins qu'il s'agisse de la manifestation de cette compassion Bisounours perpétuant Rousseau.

Pour finir, quelques questions aux auteurs : Y-a-t-il, oui ou non, une relation entre démographie et écologie au sens large ? Dans l'affirmative, quel mal y-a-t-il à souhaiter aux pauvres les taux de natalité des riches et à les aider à y accéder ? Les conditions de vie qui y règnent étant la cause de naissances trop nombreuses dans certaines contrées du monde, qu'attendent les pays riches pour y soutenir des politiques familiales primant la non-naissance, plutôt que d'assister à une prolifération suicidaire, quand ce n'est pas l'encourager ?

Et pour prévenir l'accusation d'égoïsme que ne manque pas de provoquer ces questions : où est l'égoïsme d'une écologie dénataliste, quand les catégories sociales qui peuvent la préconiser y perdront une partie de leur suprématie et de leurs avantages ? Ne s’agit-il pas plutôt de crainte, et pas seulement des plus riches, face au vieillissement de la population avec ses conséquences notamment en matière de retraites et de niveau de vie ? Peut-être en sera-t-il question à COP 21 ? Il n'est pas interdit de rêver. *


* Il n’en a, hélas, pas été question, et pas davantage depuis. Il est maintenant à craindre que le tabou dont est frappé la question de population (et a-fortiori de surpopulation) aidant, il n’en soit pas davantage question lors de la prochaine COP 23. Et pourtant, Pas d’avenir pour la planète Terre et ses habitants, sans dénatalité humaine, pour le rééquilibrage de la population face aux ressources de son habitat et aux limites de sa gouvernance.
Or, pendant que 100 millions d'êtres humains supplémentaires déferlent sur Terre chaque année, la plupart des experts continuent, dans un conformisme affligeant, de proposer des théories qui n’en tiennent aucun compte.
Qui d’autres que ceux dont les pauvres sont le fonds de commerce idéologique peut prétendre raisonnablement traiter de sciences humaines et de l’environnement en omettant – voire en refusant – de considérer et a fortiori de traiter le problème factuel de population humaine comme le préalable incontournable à toute spéculation d’ordre sociologique, économique et écologique, et sa solution comme hautement prioritaire.

Le "Précis de pyramidologie sociale" explique pourquoi.

mardi 31 octobre 2017

Plus sa population augmente, plus la société s’enrichit et … plus elle crée de pauvres

 « L’être humain étant avant toute opinion et toute autre considération, un consommateur » (G. Bouthoul), plus sa population augmente plus sa société s’enrichit et dans un apparent paradoxe, plus la société s’enrichit plus elle produit de pauvres (relatifs) ; plus la société s’enrichit, plus la pauvreté s’étend, et plus la société s’appauvrit plus la pauvreté régresse.

Mais dans un cas comme dans l’autre, encouragés par tous ceux qui se font leurs défenseurs pour des raisons sommaires et trop souvent clientélistes, nombreux sont les pauvres qui se préoccupent davantage de l’enrichissement d’autrui que de leur propre sort, lequel fait que leur effectif croît plus rapidement que celui des riches, dans la proportion de 86 à 14 %. Sur 100 êtres humains qui voient le jour, 14 naissent au-dessus de la médiane de la richesse collective et 86 au-dessous. En d’autres termes, dans la relativité de la richesse et de la pauvreté, 14 êtres humains naissent riches et 86 naissent pauvres.

Dès lors que par convention le volume de la pyramide sociale représente l’importance de la population qui l’habite, le schéma ci-dessus illustre ce mécanisme inéluctable ; d’autant plus difficile à admettre que si la pauvreté a une limite qui est le niveau zéro de la richesse sous lequel nul ne peut descendre, la richesse n’en connaît pas d’autre que celle des ressources qu’offre la nature.


Répartition objective de la richesse de la société entre riches et pauvres


Quoi qu’il en soit, la compassion la plus grande et la plus sincère n’y peut rien changer, excepté dans ses effets à court terme, sans cesse irrémédiablement remis en cause par le mécanisme lui-même ; ce qui n’est pas sans décourager les meilleures intentions, dès lors en conflit avec la priorité naturelle de chacun, qui est d’améliorer et garantir sa propre condition et celle de sa descendance. Reste à l’avantage des plus démunis le fait que l’homme ne doit pas oublier les devoirs que lui dicte, sinon la solidarité avec ses semblables, au moins la conscience de cette aide dont chacun peut avoir besoin un jour, nul n'étant à l'abri des vicissitudes de l'existence. C'est ainsi que la réduction des inégalités sociales finit par échoir à la société qui ne doit pas pour autant oublier que pour y parvenir elle doit veiller à son propre équilibre, notamment et avant toute autre mesure, en termes démographiques et environnementaux.


Voir à ce sujet "Précis de pyramidologie sociale". Version papier & ebook avec option gratuite d’emprunt)








lundi 9 octobre 2017

Du ruissellement des richesses de la société

Quoi qu’en pensent ceux qui refusent la métaphore du ruissellement, elle est d’autant plus opportunément utilisée pour illustrer les avatars de la distribution des richesses de la société, qu’elle est associée à la représentation pyramidale de celle-ci. C'est en effet une manière de prendre en considération divers paramètres précisément mis en évidence par cette représentation, parmi lesquels ceux qui suivent :
- La base de la pyramide sociale – là où se situe le niveau zéro de la richesse – est inamovible, alors que son sommet n’a pas d’autres limites que celles des ressources de la nature et l'appétit du premier de ses prédateurs.
- Le volume de la pyramide sociale étant conventionnellement représentatif de l'importance de la population qui l’habite, ses variations expriment la diminution ou l’augmentation de cette dernière.
- Dans une société répartie en 3 catégories sociales (pauvres, classes moyennes, riches) la population de chacune de ces 3 catégories se partage un tiers de cette richesse. (Cf. Pyramidologie sociale – Méthodologie).
- À développement économique et enrichissement collectif constants, la hauteur de la pyramide sociale, qui exprime l'écart de richesse entre les plus pauvres et le(s) plus riche(s), croît proportionnellement à son développement en volume (augmentation de la population globale).
C'est dans ces conditions qu'a lieu le processus de ruissellement décrit ci-après.

D'abord remontée vers les niveaux supérieurs de la pyramide sociale, comme par convection, la richesse de la société y est réinvestie, ou épargnée en attendant de l’être. Par cet investissement ; par la rétribution de cet investissement et de cette épargne telle que requise pour assurer leur renouvellement constant ; sous forme de rémunération des populations contribuant par leurs activités solvables et non solvables à l’enrichissement commun ; par l'assistance apportée aux populations inactives, etc., la richesse ruisselle alors vers la base de la pyramide sociale, à la manière d'un flux entraîné, comme par gravité, par la consommation de tous pour remonter ensuite vers son sommet, en vertu de l'effet de convection déjà évoqué. Ceci dans un mouvement perpétuel semblable – pour demeurer dans la métaphore – à celui de la pluie qui, tombée de sa source qu’est l’accumulation nuageuse, ruisselle, s’infiltre, irrigue une masse fertile pour s’évaporer à nouveau selon un cycle où rien ne se perd ni se crée. Sauf qu’en ce qui concerne les richesses de l’humanité, leur partie non consommée s’accumule à chaque cycle, à l'exception de ce qui en est périssable ou peut être frappé d'obsolescence et qui est alors passé par pertes et profits.

Au cours de sa descente, le flux de richesse se disperse dans un réseau capillaire parcourant la pyramide sociale en tous sens et s'y diffuse, hormis la part qui en est distraite par "pertes de charges", "évaporation", "transpiration”, ... naturellement récupérée par le flux ascendant. Mais le flux descendant subit un double effet de dispersion croissante ; d’une part du fait que les habitants de la pyramide sociale sont de plus en plus éloignés de sa source, et d’autre part en raison de l’augmentation de leur nombre, proportionnelle à cet éloignement. C’est ainsi que le flux qui se réduit progressivement, finit par se tarir avant d'atteindre la base de la pyramide sociale, lieu du dénuement total. Alors qu'inertie et capillarité devraient en assurer l'irrigation totale, la captation du flux par consommation, détournement, gaspillage, rétention, au cours de sa descente – et pas seulement aux niveaux les plus hauts.– conduit à son assèchement avant qu'il atteigne les niveaux les plus bas. Et plus la pyramide est peuplée, quel que soient l'accroissement de la richesse collective qui puisse résulter de la production de cette population, et la redistribution par solidarité, plus son sommet s'éloigne d’une base que le flux a de plus en plus de mal à atteindre.

Le recours à la métaphore met donc en évidence ce que la plupart des théories économiques ignorent ou masquent : 1° le fait que les inégalités sociales (ici considérées en termes de richesse matérielle) vont croissant avec le temps. 2° que les causes de cette augmentation résultent conjointement de l’accroissement de la population humaine et des richesses qu’elle crée par ses activités.

Il est dès lors clair qu’une meilleure répartition de ces richesses passe moins par une archaïque lutte des classes et ses errements que par une maîtrise de la démographie humaine et de sa production de richesses ; ce qui exclue nullement une lutte contre toutes formes de déperdition au cours de leur ruissellement.


Partage "naturel" de la richesse de la société entre catégories sociales



jeudi 28 septembre 2017

La Vérité sur les inégalités sociales. ou Ce que nous cache la pensée dominante

Depuis que l’homme existe, et avec lui la pyramide sociale, partout dans le monde et sous tous les régimes, les inégalités du même nom n’ont jamais cessé d’augmenter, du seul fait que l’imaginaire et l’industrie d’un effectif de travailleurs (et de consommateurs) toujours plus nombreux, profitant des progrès des sciences et des techniques, enrichissent toujours plus la société.

Si les inégalités sociales se creusent, c’est essentiellement dû au fait que les êtres humains sont, avant toute croyance et autres considérations, des consommateurs. Leur demande, et partant l'offre et la richesse qu’elle génère, ne cessent de croître. Ceci en regard du fait que le niveau zéro de cette richesse, inamovible, s'oppose à son maximum, qui n’a pas d’autres limites que les ressources non renouvelables de la planète et l’appétit de ceux qui les exploitent collectivement ; quelles que soient les conditions de leur partage, au-delà de la satisfaction des besoins de chacun, au demeurant fort variables dès lors qu’ils ne sont pas vitaux.

Plus la pyramide sociale croît, et elle croît incessamment depuis qu’elle existe, du seul fait de la démographie humaine, plus grandit l’écart entre son sommet et sa base et se creusent les inégalités de richesse entre ses habitants. Nulle pauvreté humaine ne peut être inférieure à celle que marque la base de la pyramide sociale, là où règne le dénuement de la pauvreté profonde. Par contre, rien n’entrave la croissance de la richesse de l'humanité, représentée autant par la quantité que par la variété de produits et services dont elle est faite, ou en d’autres termes, des biens matériels et immatériels que le génie humain soit capable d’inventer.

En constater les variations pour susciter les revendications des plus démunis n’y change rien. Ceci est parfaitement vain, dès lors que l’enseignement majeur n’en est pas tiré ou pire encore, admis. Or cet enseignement n’est-il pas que la surpopulation humaine est la première cause de tous les maux de notre société, à commencer par les écarts de condition sociale qui y règnent ?

La représentation ci-après donne une idée de ce mécanisme, la pyramide sociale structurée en pauvres, classes moyennes et riches, dans la relativité incontournable de leur positionnement par rapport à l’échelle de leur richesse commune et selon des pourcentages qu’un calcul des plus simples permet de déterminer.
Évolution des écarts de richesse entre catégories sociales selon la démographie

L’application de ces pourcentages aux populations mondiales des époques concernées – début de notre ère et an 2 000 –, permet de visualiser non seulement ce qu’a été globalement l’évolution dans le temps de l’écart de richesse entre les plus pauvres et les plus riches, mais conduit au constat (cf. schémas ci-après) que notre civilisation, par la démesure de sa croissance démographique et de son appétit, a créé en 2 000 ans un nombre de pauvres égal à 20 fois ce qu’était sa population totale, toutes conditions confondues, au début de notre ère, sans compter les dommages infligés à la planète.

Partition de la société en nombre, par catégories sociales, en l'an 0 de notre ère

Partition de la société en nombre, par catégories sociales, en l'an 2000

Voici ce que semblent ignorer, ou nous cachent de brillants économistes, préférant s’en remettre à une lutte des classes ayant partout fait la preuve de son impuissance ; le progrès social qu’ils lui attribuent étant en réalité le fruit de progrès scientifiques et techniques qu’elle a toujours freinés plutôt que favorisés.

Et le tableau ci-après fournit quelques indications quant à ce que pourraient devenir les inégalités sociales dans moins d'un siècle.

Évolution de la population par catégories sociales, selon partition post-moderne de la société