À
en croire les nombreux propos suscités ici et là par la prochaine
COP 23, il est fort à craindre qu’ainsi qu’il en a été lors de
ses précédentes éditions, la dimension démographique des
questions posées par l’avenir de notre planète continue d’être
ignorée. Comme si les atteintes à notre environnement, dont le
réchauffement climatique est une manifestation majeure, étaient
sans rapport avec ceux qui en sont, au moins partiellement,
responsables, n’en déplaise aux climato-sceptiques, étrangement
silencieux depuis peu.
Gaz
à effet de serre, fonte des glaciers et de la banquise, submersion
d’immenses territoires habités et habitables, énergie, pollution
de l’air, pollution des eaux, atteinte grave à la biodiversité,
développement durable, tout y passe, sauf l’évocation de la
croissance ininterrompue de la population, cause première de tous
ces maux. Or comment réduire l’émission des gaz à effet de serre
si dans le même temps augmente le nombre des consommateurs dont les
besoins – vitaux comme accessoires – requièrent les activités
industrielles provoquant cette émission ? Les experts
foisonnent à être d’accord pour reconnaître qu’il y a loin de
leurs recommandations aux comportements auxquels elles devraient
conduire, mais ce n’est pas pour autant qu’ils s’inquiètent du
fossé qui sépare ces mêmes recommandations et comportements, de la
réalité d’une croissance démographique nécessitant une
régulation urgente. Pourtant, cette régulation s’impose depuis trop
longtemps, comme s’est imposée celle de bien des espèces dont la
disparition a été évitée, ou pour le moins retardée, par
l’intervention des représentants de l’espèce humaine à son
tour menacée. C’est la question fondamentale et toute autre est
secondaire, quelle qu’en soit l’importance. Nous n’avons plus
le temps de tergiverser en nous contentant de traiter ce qui n’est
que la conséquence d’un manque de maîtrise de la population du
premier des prédateurs de
la planète.
Pas
d’avenir pour la Terre et toutes
les espèces qui la peuplent,
sans
le
rééquilibrage d’une
population
qui
a atteint et dépassé depuis
longtemps un
nombre
compatible
avec les
ressources de son habitat et les
limites
de sa gouvernance.
L’extension
de la pauvreté, indissociable de celle du nombre ; la
multiplication
des désordres et des violences
partout
dans le monde, pour
des raisons
qui n’ont jamais été aussi variées,
et
les
lamentables
flux migratoires qui
en résultent en sont
les
manifestations.
Or,
pendant que 100 millions d'êtres humains supplémentaires déferlent
sur Terre chaque année, les experts continuent pour
la
plupart de proposer des théories et
des mesures d’un
conformisme affligeant, en
respectant
le
tabou touchant aux questions de population et a fortiori de
surpopulation.
Au
point qu’il soit permis de s’interroger sur les raisons qui
peuvent conduire la grande majorité des responsables, de tous ordres
et de tous rangs, à prétendre traiter de sciences humaines et de la
Terre en omettant – voire en refusant – de considérer le
problème factuel de population humaine comme le préalable
incontournable à toute spéculation d’ordre sociologique,
économique et écologique, ainsi que sa solution comme hautement
prioritaire.
Si
rien n’est fait d’urgence dans le respect de l’éthique et des
valeurs humaines – par la dénatalité notamment –, la nature
s’en chargera à sa manière et notre descendance aura une
raison de plus de maudire ses ancêtres.
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