samedi 25 juillet 2015

Contre la décroissance ? ... La dénatalité.

Non à la décroissance et à la paupérisation de la société ; oui à l'écologie par dénatalité

Contraire au génie comme au destin de l'humanité, fondé sur le progrès, la décroissance ne peut pas être le remède des maux dont souffre notre société et la planète.

Déjà exploitées comme les hydrocarbures et le charbon, ou en cours d'évaluation comme les hydrates de méthane, les réserves d'énergie fossile de la Terre pourront longtemps encore être mises au service du progrès ; sans compter les améliorations à venir dans le domaine des énergies renouvelables, ou ce que la nécessité conduira le génie humain à inventer. L'humanité n'est donc pas encore condamnée à la décroissance, présentée comme la seule réponse à un épuisement de ces ressources, jugé proche alors même qu'elles ne sont que très approximativement connues.

Par contre, le nombre d'êtres humains, passé de 250 millions à 7 milliards en 2 000 ans croît inexorablement (200 à 250 000 individus s'y ajoutent chaque jour) et sera, au minimum, d'une dizaine de milliards à la fin du siècle. L'humanité promet donc, non seulement de consommer jusqu'à épuisement ces ressources nécessairement limitées, mais de polluer la planète jusqu'à la rendre inhabitable par la plupart des espèces, dont en premier elle-même.

Ce n'est donc pas la décroissance – forme de frugalité égalitariste –, en attendant l'indigence pour tous, qui permettra à l'humanité de satisfaire sa suprême ambition d'immortalité. Et ceci d'autant moins qu'à contre courant d'un progrès dont il est prévisible que l'espèce humaine refusera de se priver – Ce progrès n'est-il pas ce qui distingue l'homme des autres espèces et en fait l'égal de Dieu ? La perspective d'un destin de fourmis, au sein d'une pyramide sociale aplatie à l'extrême, est fondamentalement contraire à sa nature.

La pérennisation de la vie sur terre, dans des conditions n'empirant pas et pour une durée en tout état de cause limitée, est une écologie dénataliste, fondée sur une réduction de la population mondiale jusqu'à une stabilisation à un niveau raisonnable se situant à 2 ou 3 milliards d'êtres humains. Il est en effet établi que 7 milliards d'individus consomment le double de ce que la planète leur offre et que ce faisant ils vivent, ou survivent, à crédit, ce qui ne saurait durer. Voir à ce sujet :   https://www.youtube.com/watch?v=vfV6BKDmXFQ

Dès lors, de nombreuses questions se posent, parmi lesquelles :
- Y a-t-il, oui ou non, une relation entre démographie et écologie au sens large, entendue comme promotion et protection des meilleures conditions de vie possibles sur terre, pour tous ?
- Dans cette hypothèse, quel mal y a-t-il à aider les plus prolifiques d'entre nous – qui se trouvent être les plus pauvres – à pratiquer les taux de natalité des riches. ?
- La pauvreté étant reconnue comme la cause de naissances trop nombreuses dans certaines contrées du monde, qu'attendent les pays riches pour y soutenir, à défaut d'une industrialisation à laquelle ils se montrent peu enclins et qui aggraverait le cas de la planète, des politiques familiales primant la non-naissance, plutôt que d'assister à une prolifération suicidaire, pour tous et partout ?
- Qui peut affirmer que l'épanouissement et le bonheur familial soit moindre avec 2 ou 3 enfants qu'avec 8 ou 10.
- Pour prévenir l'accusation d'égoïsme que ne manquent pas de provoquer ces questions : où est l'égoïsme d'une écologie dénataliste, quand les catégories sociales favorisées y perdront une part de leur suprématie et de leurs avantages ?
- N'est-ce pas plutôt dans la crainte des difficultés à surmonter (vieillissement momentané de la population avec ses conséquences, notamment en matière de retraites et de niveau de vie) que réside l'égoïsme ?

Sans prétendre à l'exhaustivité, d'autres questions peuvent se poser, comme du point de vue éthique par exemple : La non-naissance est-elle une atteinte à la vie, et plus encore à son principe dans ce qu'il peut avoir de sacré ? Il suffit, pour répondre que ce n'est pas le cas, de penser aux innombrables spermatozoïdes, graines, glands et autres semences déjà porteurs de ce principe et pourtant exclus de leur fonction par la sélection naturelle. Est-il acceptable de naître dans la pauvreté pour non seulement vivre ensuite dans le malheur, mais condamner, dans la grande majorité des cas, ses propres enfants à connaître le même sort ? Concernant l'homme, l'abstinence, le retrait ou l'usage du préservatif, attestent en tout cas que d'innombrables êtres humains ont échappé à leur destin – favorable comme défavorable –, sans que cela pose trop de questions à la conscience de l'humanité.
Juridiquement : L'homme, et plus encore la femme, peuvent-ils être privés du droit de procréer dans la mesure de leurs désirs ? La question ne peut être posée ainsi, pour trois raisons principales :
1° Ils ne choisissent généralement pas, mais sont poussés par la misère et des mœurs héritées.
2° La dénatalité ne doit pas être imposée mais résulter d'une éducation elle-même fruit de la volonté d'amélioration le sort du plus grand nombre.
3° Le taux de natalité de 2,1 à 2,2, à généraliser pour assurer le renouvellement des générations une fois la population mondiale stabilisée à son niveau optimum, est une moyenne n'excluant par la famille nombreuse.

Qu'au demeurant ceux à qui la misère d'autrui permet d'exprimer leur compassion se rassurent, la pyramide sociale conservera, même avec la population la plus réduite, son incontournable structure faite de l'empilement des catégories sociales allant des plus pauvres, les plus nombreux, aux plus riches. Faut-il le répéter, notre seule possibilité en la matière est de choisir entre être plus ou moins nombreux à être pauvres. Certes, eux aussi moins nombreux, les riches continueront d'exister ; richesse et pauvreté existant l'une par l'autre, mais ceux dont la mort des riches est l'utopie, doivent se faire une raison ; il s'agit là d'une toute autre affaire. Il s'agit d'inégalités sociales, ce qui n'est pas du domaine de l'écologie dénataliste.

mardi 30 juin 2015

"Laudato si", une OPA de Rome sur l'écologie

"Laudato si", une OPA de Rome sur l'écologie



En empruntant la déclaration suivante au Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église :
« ... il faut reconnaître que la croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire », le Pape François a surpris autant que déçus ceux qu'il avait séduits avec la formule :« Nous ne sommes pas obligés de nous comporter comme des lapins » au lendemain de sa rencontre avec la misère indonésienne. Il en résulte que l'écologie est une fois de plus instrumentalisée et considérée dans ses effets plutôt qu'en ses causes, en niant la première d'entre elles qu'est la prolifération des premiers prédateurs de la planète. Politique et religion ayant ceci en commun qu'elles sont guidées par des doctrines et des dogmes incapables par définition de remise en cause, la curie triomphe, mais privés de sa prise de position phare, les propos du Pape sont ramenés à ces déclarations dont nous abreuvent, sans effets déterminants toutes les instances qui se penchent sur le sort de la planète.

Le Pape François choisit de se dresser contre les atteintes à l'environnement, principalement en raison de ce qui en résulte pour les plus pauvres ; et pourtant. La pyramide sociale et les injustices qui résultent de sa structure ne relèvent-elles pas, fondamentalement et avant tout, d'une architecture et de rapports entre les hommes qui, pour les croyants, ne peuvent être que d'essence divine ? N'est-ce pas d'ailleurs en cela que Jésus encouragea les pauvres à accepter leur sort durant leur vie ici-bas, en échange d'une place au paradis de son Père ? «Les derniers seront les premiers».a-t-il promis en son nom.

Le Pape François serait-il révolutionnaire au point de ne plus s'en satisfaire ? De même qu'il conteste que chaque être humain soit différent de ses "semblables", contrairement à l'évidence et aux enseignements de la génétique, nierait-il cette loi de la nature qui fait que l'exception se distingue de la multitude ? Condamnerait-il cet individualisme abusivement confondu par le socialisme avec l'égoïsme, alors qu'il est bien au contraire la première richesse et le premier moteur d'un progrès qui profite à tous, dans tous les domaines ? Appelle-t-il de ses vœux cet égalitarisme menant à la fourmilière plutôt qu'à une société offrant à chacun la possibilité d'y exprimer ses capacités dans la diversité ?

S'inspirant manifestement d'une idéologie de gauche, autant sinon davantage préoccupée de politique que d'écologie, le Pape nous dit, entre autre :

« ... la détérioration de l’environnement et celle de la société affectent d’une manière spéciale les plus faibles de la planète ... » (ce qui n'empêche pas tous les pouvoirs, religieux compris, d'encourager leur multiplication).
Dénoncer le sort des pauvres et son aggravation c'est bien, mais prendre conscience de la part de cette aggravation résultant de l'augmentation incessante de leur nombre ne le serait-il pas tout autant ? Chaque jour, parmi les 200 à 250 000 êtres humains qui viennent s'ajouter à la population de la planète et exiger de celle-ci la satisfaction de leurs besoins, la grande majorité va occuper la base de la pyramide sociale. C'est dans ces conditions ; par un mécanisme inéluctablement lié à la prolifération humaine ; en dépit d'un enrichissement considérable de la société accompagné d'avancées sociales indéniables, notamment au cours des deux derniers siècles, que le nombre de pauvres profonds est de nos jours 8 à 10 fois ce qu'était la population totale de la planète à l'époque du Christ. Certes le progrès a profité au plus grand nombre, mais rien ne peut empêcher qu'ici-bas, quelles que soient la compassion et la solidarité pouvant y régner, chacun d'entre nous soit le riche ou le pauvre d'un autre, ni que la base de la société soit constituée de nécessiteux toujours plus nombreux que les nantis.

« ... le problème de l’eau est en partie une question éducative et culturelle, ... »
Le problème de l'eau est certainement celui qui met le plus dramatiquement en évidence le caractère fini des ressources irremplaçables de la planète. N'est-il pas évident qu'il en résulte la nécessité de réduire le nombre de leurs consommateurs, si nous voulons qu'elles durent autant que possible ?. La première des mesures à prendre n'est-elle pas d'y adapter le nombre de ces consommateurs ? Le temps n'est-il pas venu d'admettre des instruments comme le planning familial parmi les moyens nécessaires à cette régulation ?

« ... il est prévisible que le contrôle de l’eau par de grandes entreprises mondiales deviendra l’une des principales sources de conflits de ce siècle. » Nul besoin des grandes entreprises mondiales pour cela, comme en atteste d'ores et déjà la situation de plusieurs pays. La lutte des classes au nom de l'eau potable y changera-t-elle quoi que ce soit ?

« Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes. »
Ignorer l'un comme l'autre de ces facteurs n'est-il pas tout autant condamnable ? Nier que ces problèmes résultent autant d'une augmentation incontrôlée de la population que de tout autre phénomène, est en tout cas du même ordre que nier le réchauffement climatique quand il suffit d'observer la fonte des pôles et des glaciers pour le constater.

Etc.

En résumé, rien de nouveau. Tel un inventaire, l'encyclique reprend des arguments connus de tous, tellement ils ont été ressassés par les politiques, et les écologistes qui leur sont inféodés, sans que rien ne change dans une mesure significative. Il en est comme si l’Église tentait à son tour de s'approprier l'écologie en accusant les riches de tous les maux, comme si tous les hommes ne portaient pas leur part de responsabilité et n'habitaient pas la même "maison" ; les uns logés dans les communs, à la cave, au grenier, voire dans la cour ou le jardin ; les uns bénéficiant des appartements les plus luxueux et les plus ensoleillés, les autres vivant à l'ombre et souffrant des intempéries.

Vaut toutefois d'être souligné ce qui met en cause directement l’Église. La dénonciation du mensonge, du vol, de la corruption, du crime, etc. en tant que responsables ou pour le moins complices du pillage de notre "maison commune" n'équivaut-elle pas à un constat d'impuissance de la part de l'institution prétendant les combattre ?

Quoi qu'il en soit, que règnent l'indifférence ou la compassion à l'égard des plus démunis, le choix qui s'offre à l'homme dans la situation qui est la sienne et celle de "sa maison", est d'être moins nombreux à continuer de profiter de ses ressources, ou plus nombreux à les épuiser plus rapidement. Ceci pendant un temps au demeurant limité, tout ayant une fin. Sur Terre comme en tous les endroits connus de l'univers, à la naissance de toute chose succède sa croissance jusqu'à sa maturité, précédant sa dégénérescence puis sa mort. Aboutissement d'ailleurs tellement admis par les croyants qu'ils l'assortissent du jugement dernier.

Il n'est de richesse que d'homme, disaient les économistes bien avant les révolutions industrielles ; quand le cerveau et les muscles de ce même homme étaient encore les instruments majeurs de production et de développement de la société. Depuis, par l'effet du progrès, ce même homme est peut-être toujours une richesse mais l'aune à laquelle est mesurée cette dernière a changé. De nouvelles technologies et la robotique sont en voie de remplacer les moyens mécaniques qui l'ont d'abord aidé à produire toujours plus. La richesse qu'il représente a changé de sens. De producteurs en nombre raisonnable, les hommes sont devenus des surconsommateurs pléthoriques, alors que dans le même temps le milieu dans lequel s'est produite cette mutation s'est appauvri et dégradé.

Il en résulte que la seule chance de garantir à l'avenir le meilleur équilibre possible de la société et de réduire les malheurs de la planète – comme de toutes les espèces qui la peuplent –, en tenant compte des limites de celle-ci, est la réduction du nombre des hommes, par dénatalité. Croyant ou non croyant, qui peut nier en effet qu'il soit préférable de naître moins nombreux plutôt que de vivre dans l'indignité et la régression, pour périr par le surnombre, que ce soit l'homme qui s'en charge en employant ses moyens habituels, ou la nature.

samedi 30 mai 2015

L'ascenseur social collectif, une imposture idéologique

Le combat pour la vie est purement individuel. C'est sa collectivisation – l'union fait la force – qui le transforme en lutte des classes, sans se soucier de ce qui, incontournablement, structure la société en catégories sociales, avant que ce soit en classes. C'est ainsi que les idéologies alternativement au pouvoir, prétendent parvenir par la loi – mesure collective entre toutes – à des surclassements sociaux collectifs qui n'ont jamais rien changé aux inégalités de condition des hommes.

Les "conquêtes sociales" ne modifient pas les conditions du même nom, qu'illustre imperturbablement, à travers les millénaires, la pyramide. Aucune doctrine ne peut faire mieux que de conduire à l'illusion de changements collectifs dus au progrès scientifique et technique. Par contre, chaque parcours individuel est porteur des résultats – succès comme échecs – des luttes ou plus simplement des efforts de chacun – sachant que structurellement, à population constante, tout déclassement dans un sens a pour contrepartie un déclassement en sens contraire.

Deux conceptions s'affrontent donc : l'une considérant que le bonheur de chacun DOIT résulter de l'organisation de la société, l'autre que le bonheur de tous PEUT être la somme des bonheurs individuels, abusivement dénoncés comme égoïstes par toute idéologie se fondant sur le nombre et l’égalitarisme.

L'ascenseur social commun est à compter au nombre des fantasmes dont nous bercent ces idéologies, dès lors qu'elles le conçoivent comme l'instrument d'une accession collective à davantage de richesse. L'amélioration de son sort par chaque individu pris isolément, contribue évidemment à l'amélioration de la condition de tous, mais quelle doctrine en convient ouvertement et reconnaît que cette amélioration collective ne résulte que de motivations et d'efforts individuels ? Il y aurait pourtant de quoi rassurer ceux qu'inquiète le sacrifice de l'individu – pauvre aussi bien que riche – sur l'autel d'un nivellement qui le détruit en le rendant chaque jour un peu moins responsable de son propre destin ? C'est pourtant sur l'activité de ces seuls "individualistes égoïstes" que repose le progrès de tous. La condition humaine a été considérablement améliorée au cours des deux derniers siècles, grâce à l'industrialisation des tâches, et attribuer ce progrès à la lutte des classes est une erreur, devenant duperie lorsque des maîtres à penser, pseudo intellectuels qui en tirent avantage, s'entêtent à ne pas l'admettre.

Il faut donc dénoncer le caractère illusoire d'un ascenseur social collectif. Les seules énergies qui le meuvent sont avant tout individuelles, au bénéfice de l’ensemble de la société, y compris de ceux de ses membres qui, plutôt que de contribuer à son fonctionnement, attendent des efforts d’autrui une amélioration de leur sort. L'ascenseur social ne peut raisonnablement et durablement fonctionner qu'avec des énergies personnelles qu’il faut bien se garder de décourager. Si pour des raisons humanitaires il doit prendre en charge ceux que le sort frappe d'incapacité réelle, il ne doit ni ne peut admettre que soient considérés comme tels ceux qui attendent tout de la collectivité.

Convaincu du caractère immuable de la pyramide sociale et de notre hérédité du même nom, Bourdieu a contesté le fonctionnement de l'ascenseur social, au-delà des cas particuliers dont il était et demeure personnellement la démonstration. A-t-il pour autant "craché dans la soupe", comme l'en accusent ceux dont il a ce faisant ébranlé l'idéologie ? N'a-t-il pas plus simplement fait preuve de clairvoyance et d'honnêteté ?

Seul le progrès, résultat du travail de ceux qui y œuvrent, mérite d'être désigné comme moteur de l'élévation de notre niveau de vie, dans la relativité des notions de richesse et de pauvreté. Et c'est un mensonge, au détriment des idéaux de solidarité les moins exigeants, que de vouloir faire croire à l'individu qu'il puisse s'élever socialement au-delà de la mesure dans laquelle il y contribue personnellement.

samedi 2 mai 2015

Emblématique Katmandou

« Les pouvoirs publics népalais, dépassés par l'ampleur de la catastrophe, décrètent trois jours de deuil national et appellent la communauté internationale à l'aide » ; « Face à l'insuffisance des secours, la population manifeste sa colère » ; « Il va falloir un accompagnement de long terme pour aider les Népalais » déclare Matthieu Ricard, représentant du Dalaï Lama ; « Si un autre événement vient détourner l’attention du public ..., cela peut affecter la collecte », souligne Emanuela Croce, responsable marketing de CARE France ».


Sans nier les bienfaits de la compassion et du dévouement de ceux qui au demeurant prospèrent sur les décombres, autant de réactions, relevées dans les média, qui font du séisme ayant frappé le Népal, l'une des situations les plus emblématiques de l'inconscience de l'homme et du peu de cas qu'il fait des alertes que lui lancent des organismes pourtant créés par lui-même pour se protéger.

Là comme en bien d'autres endroits de la planète où existent des risques sismiques comparables, les avertissements et les mises en garde sont systématiquement dispensés, mais rien n'y fait. La vie continue, et un développement économique fondé ici sur le tourisme, ailleurs sur d'autres ressources, génèrent un accroissement des populations locales et la présence d'étrangers toujours plus nombreux ; Les infrastructures – le plus souvent inadaptées – croissent comme si de rien n'était.

Le 12 avril 2015, Geohazards International, une organisation spécialisée dans les risques liés aux séismes, a actualisé l’une de ses études et pointé la vulnérabilité et l’impréparation du Népal. «Avec une croissance de la population de 6,5% par an et une densité urbaine parmi les plus élevées du monde, les 1,5 million d’habitants de la vallée de Katmandou font face à un risque important et croissant de tremblement de terre. Il est clair que le prochain séisme d’ampleur causera plus de morts, de dégâts et de problèmes économiques que les précédents», note le rapport. Geohazards International déplore aussi que le gouvernement n’ait pas contrôlé le développement rapide de la ville et édicté des règles de construction prenant en compte les risques sismiques. (Libération.fr-26/04/2015 - Luc Mathieu). Mais pourquoi en serait-il autrement pour Katmandou que pour San Francisco, qui nous promet bien plus grandiose ?

« L'ascension de l'Everest pourra reprendre d'ici la semaine prochaine en dépit du séisme qui a également déclenché une avalanche ayant tué 18 personnes sur le plus haut sommet du monde». «Les échelles vont être réparées d'ici deux à trois jours et les ascensions se poursuivre, personne n'a de raison de renoncer à son expédition», a dit le chef du département du tourisme, Tulsi Gautam.

Le séisme en cause s’étant produit en un lieu réputé pour la sagesse de ses habitants, le paradoxe vaut d’être souligné. Combien de catastrophes pourraient être limitées dans leurs effets, sans cette inconséquence, qui ne règne pas qu'au Népal ?

Et il en est de même là où n'intervient que la déraison des hommes, sans que les fureurs de la nature aient à s'en mêler. En attestent les débordements migratoires en Méditerranée, dont l'horreur en fait oublier d'autres, comme ces boats people asiatiques, qui n'ont probablement pas pour autant interrompu leur misérable service mais dont l'opinion se désintéresse, ne pouvant être partout en même temps. Qui peut, là encore, prétendre que les avertissements manquent quant à cette menace qu'est la surpopulation mondiale et son cortège de désordres, pires que ceux provoqués par les pires des catastrophes naturelles ? Il faut le répéter : si une population qui a progressée de 250 millions à bientôt dix milliards d'êtres humains en 2 millénaires n'est pas le seul mal dont souffre l'humanité, tous les autres en dépendent, quoi qu'en pensent ceux qui cultivent jalousement leurs inquiétudes, réduites à ce que leur inspirent leur curiosité, leur formation, leur logique, leur sensibilité, ... qu'il s'agisse de péril énergétique, de ressources alimentaires, de réchauffement climatique, de protection de telle ou telle espèce, de pollution, etc. Plutôt que de chercher à comprendre et surtout admettre la cause première de tous ces maux – ce qui permettrait d'attaquer leurs racines –, la grande majorité des hommes n'est sensible qu'aux questions influençant son quotidien et qui constituent autant d'arbres lui cachant la forêt. Avec la complicité de tous les pouvoirs , « incapable de synthèse et insensible à sa propre condition » (Jean Fourastié), l'homme ignore les avertissements que lui adressent le sens commun et quelques.esprits clairvoyants. Il en est comme s'il était frappé d'aveuglement et de surdité, à moins que ce soit d'une terreur qui le paralyse, en fait un fataliste ou au mieux un secouriste.

Il s'agit là il est vrai, non plus de réagir aux savantes observations et études menées par des experts en tectonique des plaques, mais d'une évidence dont les conséquences, non moins évidentes, sont des difficultés d'ores et déjà vécues et ne pouvant qu'être aggravées par le nombre. Probablement est-ce pour cela que les hommes – élite en tête – persistent avec opiniâtreté dans le déni de réalité, préférant les arguments flattant leur vanité et leur confort, aux mises en garde les plus modérées. Pendant ce temps, alors que la bio-capacité de la planète a été largement dépassée (cf. ,https://www.youtube.com/watch?v=vfV6BKDmXFQ&authuser=0 ), l'accroissement de la population humaine mondiale réduit chaque jour un peu plus l'espoir d'un rééquilibrage.

mardi 14 avril 2015

Parole de Pape : Nous ne sommes pas des lapins.


Certains croient que – pardonnez-moi l'expression – pour être de bons catholiques, on doit être comme des lapins » a déclaré le Pape François, à l'issue d'une visite rendue aux plus pauvres des pauvres, au cœur des bidonvilles d'extrême orient. ("Le pape, les lapins et les enfants du bon dieu" Par Pierre Amar, le 20/01/2015 in FIGARO VOX SOCIETE).


Probablement plus volontiers que ses opposants dévots, les athées et agnostiques les plus convaincus ne peuvent que saluer cette phrase lancée à la face du monde entier par le plus emblématique de ses guides spirituels. Jamais, depuis sa fondation, l'Église chrétienne n'a délivré un message aussi lourd de sens concernant ce qui confère à l'homme une richesse intrinsèque qui ne saurait se satisfaire du nombre. Le souverain pontife sort ainsi de leur isolement ceux qui ont pris conscience de la relation étroite existant entre démographie et condition humaines. En ce sens, les paroles d'un Pape sonnent le début d'une révolution sociale autant que sociétale dépassant le clivage entre mysticisme et incrédulité. C'est en effet le dogme reposant sur la parole du Christ, lorsqu’il prêchait de croître et se multiplier, qui est mis en cause, après que les hommes en aient abusé pendant des millénaires pour justifier une autre dogme, parfaitement laïc celui-là, selon lequel "Il n'est de richesse que d'homme[s]". La multiplication de ces derniers n'a-t-elle pas eue pour effet essentiel l'accroissement d'une richesse, moins faite des individus eux-mêmes que du produit de leur travail, au-delà des prévisions les plus ambitieuses et dans une exploitation éhontée de l'homme par l'homme, au nom du seul progrès matériel ? Le Christ n’a probablement pas enjoint à l’homme de se multiplier à ce prix, même si à son époque démographie et statistique ne permettaient pas encore d'entrevoir la lutte des classes qui en découlerait, au service de laquelle se mettraient, non plus des religions mais des idéologies purement matérialistes.


Certes, à peine de retour au Vatican, la curie manifestant sa réprobation, le Pape s'est trouvé dans l'obligation de calmer le jeu en louant la famille nombreuse à l'occidentale. Il devait endiguer de toute urgence le séisme et le schisme qu'étaient en voie d'engendrer ses propos. Mais, bien que la parole s'envole, il devrait en rester quelque chose. Qui peut dorénavant ignorer que les limites de l'humain ont été franchies ? Qui peut douter qu'une population moins nombreuse et par conséquent moins prédatrice, plus frugale, bénéficierait plus sagement et plus longuement – dans un monde fini – d’un progrès au moins égal à celui auquel nous sommes parvenus, plutôt que de subir sa dégradation par le simple effet du nombre ? L’écologie démographique ou le développement raisonnable, en somme.


Quelles que soient nos convictions, politiques autant que religieuses ; quelles que soient les valeurs de progrès, de justice et de partage qui puissent animer chacun d'entre nous ; quand l'empreinte écologique de la population humaine dépasse la bio-capacité de la planète qui l'abrite (https://www.youtube.com/watch?v=vfV6BKDmXFQ&authuser=0), quel autre moyen que de limiter cette population, proposer à notre descendance pour qu'elle ait quelque chance de connaître un monde meilleur que celui dont nous nous plaignons chaque jour davantage, dans une multitude, un désordre, des violences et une cacophonie allant croissant, dont ne peut naître que le pire ?


Précision papale : Nous ne sommes pas des lapins ... génocidaires
Prenant connaissance de la déclaration du Pape François concernant les génocides, au moment de publier le présent article, il semble opportun à son auteur de l'assortir des commentaires suivants, à l'intention des faiseurs d'amalgames :
- Reconnus ou non, les génocides ne sont qu'une barbare réaction de défense (ou de conquête) de leur "espace vital" (tangible ou idéologique) par ceux qui les commettent.
- L'écologie démographique peut, quant à elle, être considérée comme une réaction comparable, en cela qu'elle vise à protéger l'espace vital de l'espèce humaine ; à la différence près toutefois (et elle est de taille) qu'une réduction des taux de natalité partout où cela est nécessaire, est d'autant moins un crime que pouvant s'appliquer, notamment par l'éducation, avant même la conception, elle respecte pleinement l'éthique et la dignité humaine.