jeudi 12 juin 2014

Du bien et du mal à la démographie


Du bien et du mal à la démographie


« Les fortes émotions naissent de situations fortes : voilà pourquoi, dans les arts, la représentation du bonheur ennuie à la longue, voilà pourquoi on lui préfère la fatigue qu'excite le spectacle d'une grande infortune. » Antoine-Vincent Arnault
« L’homme est plus sensible au mal qu’au bien parce que le bien ne fait pas de bruit et n’est pas spectaculaire. » Jean Delumeau
« Le monde n'a peut-être été créé que pour réaliser le mal. Si, au lieu de contrarier le mouvement, nous le suivions, on obtiendrait un bon résultat. » Jules Renard
« Le mal, d'abord, apparaît toujours en Lucifer, pour ensuite se métamorphoser en Diabolus, et finir en Satanas. » Ersnt Jünger
« Dieu est beaucoup plus impie qu'il n'est saint, puisque le nombre des crimes qu'il opère, surpasse sans comparaison celui des bonnes œuvres qu'il produit. » Le jansénisme dévoilé.


Le bien et le mal sont des inventions de l’homme, en cela qu'il s'agit de notions découlant de la vie en société organisée telle qu'il y a été conduit par la conscience qu'il a de lui-même. Mais les autres espèces démontrent que ces notions ne leur sont pas inconnues, par leur comportement et leurs réactions lorsque tel ou tel de leurs membres enfreint leurs règles de vie, aussi primitives soient-elles.


Outre le fait que tout finit par se corrompre, le naturel serait-il à l'artificiel, l'inné serait-il à l'acquis, ce que le mal est au bien ? Où est-ce le contraire ?


Le bien étant entendu comme ce qui concourt à la paix et à l’épanouissement harmonieux de l’individu et du groupe, le mal est ce qui les contrarie. Selon l’universelle dialectique, l’un se définit par l’autre, s’y oppose et n’existe que par cette opposition. Comme Dieu et le Diable, pouvant être présumés par la sagesse, auteurs conjoints de l’univers, le Bien et le Mal sont antagonistes et néanmoins inséparables l'un de l'autre. Pour vivre dans un minimum de tolérance réciproque, l ’homme en a fait ses références au point qu’ils occupent cet univers à la manière dont un gaz ou un liquide occupent les moindres replis et recoins de leur contenant. Mais l'homme va jusqu'à s’y identifier, capable d'être et de faire l'un comme l’autre.


Indissociables, les notions de bien et de mal sont étroitement liées aux religions, dont elles ont été le fondement et demeurent la justification. Pour qui spécule sur l’âme et l’éternité, le mal est le sens même de la vie ici-bas, qui s’y accomplit comme une pénitence, depuis la naissance jusqu’à la mort, même si cette naissance est paradoxalement un bien, en ce sens qu’elle est le début de toute chose, avec sa charge d’espérance et de promesses de futurs pleins de félicités, tenues ou non. A l’opposé, l’aboutissement de toute vie qu’est la mort, ce basculement dans l’au-delà, est néant pour les uns, alors qu’il est pour d'autres l'instant où seront dispensées les suprêmes récompenses et punitions tenant compte du comportement de chacun face à un bien et à un mal temporels ; instant de Vérité pour tous.


En attendant cette échéance de vérité à laquelle nul n'échappe, le bien comme le mal doivent être considérés comme des notions d’ordre strictement terrestre, en cela qu’elles régissent la vie quotidienne et les rapports que les individus entretiennent, de leur vivant, entre eux et avec leur environnement, selon les règles qu’ils se sont en grande partie eux-mêmes fixées. N’est-il pas dès lors légitime d’observer et de chercher à comprendre la rapport existant objectivement entre ce bien et ce mal ?


De ce point de vue, l’une des questions se posant en premier lieu peut être de savoir s’il existe une prédominance de l’un sur l’autre. « Le mal se nourrit autant du bien que de lui-même, mais ne produit que le mal ». Aussi désabusée et réductrice qu'elle soit, cette opinion est assez inquiétante pour suggérer au moins une question : S'il en est ainsi, le bien, qui peut à coup sûr se nourrir du mal, ne produit-il que du bien ? C'est précisément la vocation du mal que de l'empêcher, et il existe d'innombrables démonstrations selon lesquelles les meilleures intentions peuvent aboutir à leur contraire, déviées et perverties, alors que le mal prospère envers et contre tout.


Si le mal est comme le prolongement naturel de lui-même ; s’il est son propre support, à la manière d’un arbre vigoureux aux rejets toujours plus abondants et vivaces, ou comme un cancer aux proliférations aussi spontanées qu’incontrôlables, il est loin d’en être de même pour le bien, si souvent comparé au contraire à cette braise couvant sous la cendre et qu'un souffle doit sans cesse attiser pour qu'en jaillisse une flamme au demeurant d'ardeur variable. Contrairement au mal, le bien ne s'instaure ou ne s'installe pas spontanément, sinon pour céder en fin de compte au mal, à la manière de tout élément dont la disparition est programmée dans la corruption et la déliquescence. Quand le bien par contre, cherche à se développer, à se faire entendre, il se heurte aussitôt à la concurrence d'un mal omniprésent. Il en est comme s'il y avait déperdition, usure du bien ; réduction de son domaine sous l'effet de la progression ou de la simple résistance du mal. Les deux tendances se partageant l'espace dans lequel elles se manifestent, chacune essaie d’y agrandir son domaine au détriment de l'autre. Or, non seulement le mal triomphe à ce jeu mais il le fait avec un succès chaque jour plus affirmé, à en juger par les maux d'une humanité vieillissante, allant s'amplifiant et se multipliant. Le mal touchant tout et tous. Il faut de plus compter avec l'accoutumance, la fatigue, l"usure et les erreurs de ceux qui le combattent ou le subissent, comme avec la perversion de ceux qui le pratiquent et l’encouragent.


Peut-être par réaction contre les assauts de ceux qui prétendent lutter contre lui, le mal est-il animé non seulement d'une résistance mais d'une dynamique qui assure son succès final, à la manière d’un virus apprenant à résister aux remèdes les plus efficaces. Il y a indéniable progression du mal ; il est porteur de son propre développement. Même lorsque le bien semble triompher, ce triomphe est toujours de durée limitée alors que le mal s’installe à la manière d’un chancre dont les traitements les plus énergiques ne peuvent venir à bout. L'éradication absolue et définitive du mal est inconnue et semble impossible, comme en témoigne l'histoire des hommes. Et lorsque ses effets sont combattus avec un semblant de succès dans un domaine, il réapparaît dans un autre et dans tous les cas ne s'efface jamais complètement. Il en est comme d'une eau pure qu'une seule goutte d'encre suffit à troubler, alors que toute l'eau du monde ne pourra jamais parvenir à s'exonérer de la trace d'une seule goutte d'encre ; ou de l’obscurité, qui a le pouvoir de recouvrir uniformément toute chose, alors que la lumière la plus éclatante ne peut par contre s’affranchir des zones d’ombre qu'elle génère elle-même. Il ne peut y avoir, dans un un univers peuplé d'êtres et d'objets, de lumière sans ombres, alors qu'il y peut y régner une obscurité totale. Autre analogie avec la mort comparée à la vie : La mort finit par recouvrir toute chose (définitivement pour qui n’a pas la foi), alors que la vie a pour premières évidence son propre caractère, fragmentaire et éphémère.


Propos pessimiste s'il en est, mais résultant de la simple observation et non de l'intuition ; des faits que de l’hypothèse. Est-ce faire preuve de l’esprit du mal ou du bien que de raisonner sur de telles bases pour tenter d'évaluer les chances qu'a l'humanité de connaître un jour le bonheur qu'elle ne cesse de se promettre à elle-même par éradication du mal qui la ronge ? Le constat d'agissements sans cesse contraires à de telles intentions relève en tout cas de la plus élémentaire lucidité, qui précisément ne relève ni du bien ni du mal.


À défaut d'une victoire bien hypothétique du bien sur le mal, si ce dernier existe pour que le bien en soit la réciprocité – ou inversement –, l'espérance d'un compromis fondé sur un équilibre tel qu'il pourrait ou devrait en résulter est-elle fondée ? Mis à part les bienfaits de progrès techniques et scientifiques indéniables, même s'ils se limitent à procurer un confort matériel abusivement vanté comme le bonheur – qui est au malheur ce que le bien est au mal –, il suffit de considérer l’histoire et la satisfaction des hommes quant à leur sort pour en déduire qu'ils semblent y avoir renoncé, en échange d'une illusion. Demeure pourtant, pour nombre d'entre eux, l'espoir en ce “Bien” reposant sous la cendre, à la manière d'une braise apparemment peu soucieuse que l'accumulation de cette cendre conduire à l'impossibilité définitive de sa propre réanimation.


L’homme, agissant envers lui-même à contre sens des lois dictées par la nature pour protéger toutes les espèces, s’affaiblit de génération en génération et paie ainsi spirituellement tous les progrès qu’il réalise sur un plan matériel, au point qu'il soit permis de se demander si ce matériel n'est pas une manifestation du mal, opposée au bien – Là encore le spirituel pouvant sembler être au matériel ce que le bien est au mal. La population des êtres humains s’accroît, grâce notamment aux progrès de la médecine, au détriment de la résistance de chacun de ses membres, et la santé de l’espèce à long terme en est largement compromise. Et il en est de même des espèces domestiquées, proportionnellement au temps depuis lequel elles l'ont été.


Quand les mécanismes qui en règlent naturellement l'existence ne jouent plus, les espèces qui sont demeurées les plus proches de la nature ne tardent pas à se réduire et sont condamnées à la disparition pure et simple. Par les qualités qu’ils démontrent et qui justifient leur domination sur le groupe, ce sont leurs membres dominants qui garantissent à celui-ci son maintien en bonne santé et le niveau de pérennité qui peut en résulter. L’homme, au contraire, investit une part importante de son énergie et de ses ressources dans la protection des membres les plus faibles de son groupe et cette importance va croissant ; chaque individu faible étant naturellement générateur d’autres individus faibles qui accroissent d’autant la charge des forts, dont le nombre décroît proportionnellement et décroîtra jusqu’à l’asphyxie ; jusqu’à ce que les forts soient eux-mêmes affaiblis par un effort dépassant leurs facultés. Exemple phare de la manière dont le mal submerge le bien : c’est au nom de la compassion, de la pitié, de la solidarité, de la générosité, de la charité, etc. – autant de sentiments réputés louables et associés au bien – que s’exerce cette résistance à la loi naturelle, alors que pour survivre et prospérer l'humanité doit impérativement se limiter en nombre, sauf à ce que l’homme admette et cultive l'autoprédation ; mal suprême.

vendredi 25 avril 2014

Réduire la pauvreté par la démographie

Réduire la pauvreté par la démographie


Le combat contre la surpopulation et pour la dénatalité
est aussi la lutte pour les pauvres et contre la pauvreté.

La réduction du taux de natalité des pauvres et son alignement sur celui des riches, est en effet la condition nécessaire et suffisante d'une victoire la pauvreté.

Mais encore faut-il rappeler que victoire sur la pauvreté ne signifie pas éradication de celle-ci, pour la simple raison qu'elle est relative. Il n'est pas inutile de le souligner à l'intention de ceux qui confondent pauvres et pauvreté : richesse et pauvreté existent l'une par l'autre, comme le bien existe par le mal et le mal par le bien, comme le jour existe par la nuit et la nuit par le jour. Et cette réciprocité s'affirme dans toute société, a fortiori si elle est organisée, voire hiérarchisée. À supposer que les niveaux de dépendance résultant de niveaux de richesse et de pouvoir soient supprimés – par des moyens restant à découvrir –, la nature continuera à imposer aux individus une altérité génératrice d'autres types de hiérarchie, jusques et y compris dans le cas où la pyramide sociale parviendrait à atteindre un degré de tassement comparable à celui régnant dans une ruche ou une fourmilière ... où, là encore, règne une inégalité structurelle née du sacrifice à une reine, en échange de la multiplication par elle des membres de la société qui œuvreront, par leur activité, à son enrichissement et à la continuité de l'espèce, en l'absence de ce progrès qui caractérise la société humaine.

Ceci dit, la victoire sur la pauvreté telle que seule la rend possible la dénatalité, sera d'autant plus affirmée et durable, que toutes les catégories sociales qui composent la pyramide sociale sauront ajuster leur taux de natalité commun au maintien d'une population mondiale compatible avec les ressources de la planète et la meilleure harmonie possible entre ses occupants. Pour une population optimale estimée à 2 ou 3 milliards d'êtres humains, un taux légèrement supérieur à 2 est donné, autant par le bon sens que statistiquement, comme un optimum. Or les pauvres ont comme les autres le pouvoir d'observer un tel taux, évitant ainsi de proliférer comme ils le font ; sauf à vouloir absolument perpétuer le service qu'ils rendent à plus riches qu'eux, du seul fait de leur nombre. Car c'est ce nombre qui a fait de tous temps des plus pauvres des êtres humains le réservoir de main d'œuvre et de consommateurs de ceux qu'ils servent dans une égalité de traitement que par ailleurs ils dénoncent.

Mais qui servent-ils ?
Tous ceux dont ils sont le fonds de commerce idéologique ou économique, qui ne doivent cependant pas s'inquiéter ; les pauvres ne disparaîtront pas. Dans son abomination, notre pyramide sociale leur a toujours réservé et leur réservera toujours sa base, par définition plus vaste que son sommet. Au train où vont les choses, par simple effet de proportion, parmi les 250 000 habitants supplémentaires que compte chaque jour la planète, 150 000 sont des pauvres de tous niveaux.

Comme les chômeurs doivent être conscients qu'il existe des profiteurs de leur situation, que sont les multiples organismes qui existent et vivent par eux (à commencer par ceux qui les organisent et sont censés la aider à vaincre leurs difficultés), les pauvres doivent réaliser que les riches n'ont pas l'exclusivité de leur exploitation. Ils sont aussi la raison d'être de prospères institutions qui trouvent en eux l'occasion d'exprimer leur compassion, d'exercer leur idéologie, et pour le moins de soigner à bon compte leur conscience.

La pauvreté, comme le chômage, est un mal qui doit se combattre et ne peut se vaincre que de l'intérieur. Sans pour autant nier l'utilité de l'aide pouvant leur être apportée par des étrangers à leur sort, c'est aux pauvres à prendre leur destin en main et pour cela, à prendre en premier lieu conscience de leur  prolifération, cause fondamentale du mal dont est frappée la catégorie sociale à laquelle ils ont le malheur d'appartenir, avant tout par hérédité.

Y-a-t-il paradoxe plus étrange que de se plaindre de la pauvreté en faisant par ailleurs valoir le nombre de pauvres comme une force déterminante dans la conquête de plus de justice sociale ? Sans compter qu'il est possible d'être pauvre et heureux, et qu'il existe même des pauvres n'ayant nulle envie de devenir riches. Et ce n'est pas la moindre des difficultés, car où des pauvres dans ce cas trouveraient-ils des raisons de vouloir éviter à leur descendance de sort qui est socialement le leur ?

Lutter contre la pauvreté c'est se battre pour les pauvres et non contre eux. De ce fait, c'est aussi lutter pour la richesse, même si le partage de cette dernière pose d'autres problèmes et si, en tout état de cause, la part de chacun est d'autant plus réduite que ceux qui y prétendent sont nombreux.

Ce qui précède revient à concevoir que démographie et pauvreté sont tellement liées, qu'une variation de la population en nombre est sans effets sur sa répartition en pauvres et riches.La catégorie sociale à laquelle appartiennent les uns et les autres ne peut se réduire sans que les autres se réduisent dans la même proportion.

De même pour toutes les bonnes âmes soucieuses du bonheur et du respect des pauvres, au point de se révolter à la seule idée d'en réduire le nombre, et qui s'obstinent à vouloir la mort des riches pour en tirer une amélioration du sort des pauvres. Ils doivent prendre conscience qu'en en restant à la lutte des classes – demandant plutôt un renforcement de celle des pauvres, donc une augmentation de leur nombre et de la pauvreté – ils ne font qu'exacerber le sentiment de frustration des plus défavorisés d'entre nous


Naître moins nombreux ou mourir plus jeunes, tel est le choix qui seul permettra à l'espèce de prolonger son existence dans les limites de ce qu'autorisera, en tout état de cause et inexorablement, une planète maltraitée. Mais c'est aussi et peut être surtout, la garantie d'un retour au seul degré d'équilibre social qu'il soit permis à l'homme d'espérer.





Représentation de la pyramide sociale à population totale réduite (trait rouge), sans changement du niveau de richesse global. Chaque catégorie y occupe une place relative inchangée et les écarts de richesse ne changent pas. Les populations sont toutes réduites en nombre, proportionnellement à la réduction de la population totale.








Le retour plusieurs siècles en arrière
Ici la population – réduite dans une mesure censée être la même que dans la figure précédente – est représentée en supposant que le niveau de richesse globale a lui-même été fortement abaissé (suite par exemple, à une forte récession, telle que peut la faire imaginer une pénurie de ressources et/ou une forte diminution des moyens humains et matériels de production). Les écarts de richesse s'en trouvent réduits de même que les niveaux de richesse de chaque catégorie sociale, au point que les plus riches sont ramenés à un niveau qui était précédemment celui des pauvres les moins pauvres, avec répercussion sur les autres catégories sociales, toutes "déclassées" et entraînées vers le bas.

lundi 31 mars 2014

Dénatalité, pauvres et riches

Dénatalité, pauvres et riches


Évolution de la population mondiale par catégories sociales
selon la démographie

Catégories
sociales
Époques
et hypothèses d'accroissement
Hypothèses de réduction
An 2010
An 2050*
An 2100*
N°1
N°2
Population totale
7 000
9 000
11 200
3 000
2 000
Riches (a) 3.7%
259
333
414
111
74
Classes. moyennes (b) 24.3%
1 815
2 187
2 722
729
486
pauvres (c) 70%
4 926
6 300
8 400
2 100
1 400
En millions * Projections a minima

Nota - Les chiffres et pourcentages ci-dessus sont ceux moyennement admis par les instances publiant des données à ce sujet (ONU, B.M., INED, ONG diverses) ou en résultent.

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Par son caractère indigne, la pauvreté fait obligation aux hommes de secourir ceux qui en sont frappés, mais il y a diverses façons de procéder dont celles qui ont été employées jusqu'à notre époque ne semblent pas s'être distinguées par leur efficacité. Toutes ayant au contraire fait la preuve de leur impuissance, une au moins reste à appliquer : la dénatalité.

Comme chacun peut le comprendre et contrairement à la confusion qui règne souvent en la matière, lutter contre la pauvreté c'est lutter pour les pauvres et non contre eux. C'est en cela que le schéma et le tableau ci-inclus démontrent que la dénatalité est à coup sûr le meilleur moyen d'améliorer rapidement et de façon durable le sort des pauvres. En effet, sur 100 êtres humains qui naissent, 70 sont issus de parents pauvres, et le seront eux-mêmes dans leur grande majorité, 14 venant augmenter le nombre des pauvres profonds pour lesquels s'extraire de leur condition relève de la gageure.

Schéma et tableau représentent l'aggravation de la pauvreté, telle qu'elle résulte de la seule augmentation de la population. Inversement, ils mettent en évidence les effets bénéfiques d'une réduction de la population sur la pauvreté, Ramener la population de la planète à 2 milliards d'êtres humains, reviendrait à ramener le nombre actuel de pauvres  de 4,826 milliards à 1, 4 milliard. Par ailleurs, la plupart des problèmes écologiques y trouvant leurs solutions, voilà qui ne serait pas "mettre la charrue avant les bœufs", comme le font la plupart de ceux dont la préoccupation (pollution, réchauffement climatique, ressources énergétique, ressources alimentaires, etc.) est l'arbre qui leur cache la forêt.

Si le tableau se suffit à lui-même, sa lecture étant des plus simples, le schéma ci-après, qui l'illustre, peut justifier les explications suivantes, à défaut d'explications scientifiquement établies  :

- La pyramide (X) représentée par le triangle le plus grand (de couleur grise pour l'édition en couleurs) figure très schématiquement l'état de la pyramide sociale à notre époque, peuplée de bientôt 9 milliards d'êtres humains, avec sa partition entre riches (a), classes moyennes (b) et pauvres (c).
- La pyramide (Y), réduite en volume pour une même hauteur que la pyramide (X), représente les effets d'une réduction de la population d'environ les 2/3, afin de mettre en évidence la diminution du nombre de pauvres qui en résulterait, à égalité de population totale et de richesse globale de la société. En d'autres termes, et comme le tableau l'indique par ses chiffres, eu égard à la proportion de pauvres peuplant la pyramide sociale, une réduction de la population totale de cette dernière, entraîne une réduction du nombre de pauvres et par conséquent un recul correspondant de la pauvreté.
- La pyramide (Z) se veut l'équivalent en population de la pyramide (Y), mais selon une configuration correspondant à un moindre niveau de richesse globale de la société. 

Il s'ensuit dans tous les cas que les proportions de pauvres, de représentants des classes moyennes et de riches ne changent pas. Seul que change le nombre de représentants de chacune de ces classes, au bénéfice premier de la plus nombreuse d'entre elles.




lundi 24 mars 2014

À propos du livre "Moins nombreux plus heureux"

Éditions Sang de la Terre - 1er trimestre 2014

Plutôt que de prétendre, dans sa présentation, qu'il vient combler un manque, alors que contradictoirement certains de ses précurseurs y sont cités, n'eut-il pas été plus juste et modeste de dédier ce recueil à ceux qui de tous temps, et particulièrement depuis la fin du dernier siècle, n'ont pas cessé de dénoncer une situation qui ne fait qu'empirer. En dépit de l'insouciance générale à l'égard de notre sort dans laquelle nous vivons et de l'impassibilité avec laquelle les pouvoirs persistent à diriger nos consciences et nos actes, nous ne devons en effet pas davantage oublier les messages de nos sonneurs de tocsin nationaux comme Gaston Bouthoul, Jean Dorst, Alfred Fabre-Luce, Albert Jacquard, Alfred Sauvy, etc. que les avertissements de Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (1997 - 2006) : « Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.» ; ou du Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population ; « L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»

Comme l'écrivait Jean Fourastié ("Ce que je crois" - Grasset 1981), autre prémoniteur : « la condition humaine est bien la dernière des préoccupations de l'homme. » Mais n'est-ce pas l'expression de la sagesse populaire, considérant que comme toute chose peuplant l'univers, notre Terre aura une fin et peut-être avant elle, au moins quelques unes des espèces qui la peuplent ? La mort de notre civilisation s'inscrit normalement dans ce destin, avec d'autant plus de certitude et de rapidité que nous aurons abusé de l'hospitalité de notre planète ; et pour peu qu'ils ouvrent les yeux, les plus bornés d'entre nous entrevoient le terme de son pillage. Pourquoi dès lors se préoccuper d'un avenir aussi inéluctable ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle certains des auteurs de ce livre ne jugent pas utile d'aller au-delà de leur vision personnelle et restreinte de ce qui est en train de se produire.

Jean Fourastié pensait aussi (même source que ci-dessus) que ce qui manque le plus à l'homme est la synthèse. Or ce livre le confirme, dans la diversité des points de vue qu'il offre, agrémentés pour quelques uns d'exercices de style et d'évocation des clivages droite-gauche, homme-femme, riches-pauvres ; d'accusation des multinationales, (comme si elles n'étaient pas des structures nées de notre prolifération), etc. ainsi que de quelques actes de repentance, tribu payé à la pensée unique. Si l'écologie n'est pas plus de droite que de gauche, nous pouvons hésiter dans l'attribution de l'abus démographique à l'homme ou à la femme (la procréation se pratiquant à deux, n'en déplaise à certains) ; nous pouvons en accuser le collectivisme plutôt que le libéralisme et inversement, etc. mais une chose est certaine : au sein d'une pyramide sociale qui n'a cessé de s'atrophier au cours des dernières décennies, par simple effet de proportion, les pauvres seront les plus concernés par une réduction de la population, quelle qu'en soit l'ampleur. Ce sera en tout état de cause une grande victoire dans la lutte contre la pauvreté mais le bât blesse, car la régulation qui s'imposera d'elle-même si nous ne sommes pas capables d'y procéder à temps avec un minimum de sagesse, fera fi de toutes considérations d'ordre social et même humanitaire, ce qui nous promet le pire.

Pour plus de précision quant au caractère décalé des préoccupations de certains auteurs, peut-être est-il bon de rappeler quelques lignes de "La bombe "P", de Paul Ehrlich (p.75-76 - J'AI LU - Flammarion - 1976) : «Vous remarquerez que, dans mon exposé sur l'environnement humain, je me suis abstenu d'évoquer les thèmes habituels de la protection de la nature. Je n'ai pas versé de larmes sur la disparition des colombes voyageuses, ni sur celle, très proche, des condors californiens. Pas de larmes pour eux, donc, ni pour le grand pingouin ou le mammouth ou les grands troupeaux de bisons ou l'ours grizzli de Californie ou le perroquet de Caroline. Je n'ai pas parlé d'eux, ni du charme, de la beauté, de la magnificence même, de bien des paysages. Au lieu de cela, je me suis limité à des faits concernant directement l'homme. La raison en est simple : malgré tous leurs efforts, toute leur propagande, tous les beaux articles et toutes les belles photos, ceux qui se préoccupent seulement de protection de la nature sont battus d'avance. Et cela pour deux raisons. La première, évidente : l'explosion démographique entraîne irrémédiablement le "développement à tout prix". La seconde, c'est que nos [semblables] s'en moquent. Ils n'ont jamais entendu parler du condor de Californie ou du milan des Cévennes et ne s'attristent pas de leur disparition. Ils se disputeront plutôt le privilège de tirer sur les derniers. La vérité est que nous sommes de deux espèces. Un petit nombre se dévoue à la cause de la préservation de la beauté et de la nature. La majorité (permis de chasse en poche) concourt à sa perte, ou se montre en tous cas indifférente à son égard. Les premiers n'auront pas besoin d'être convaincus, et ce n'est pas en parlant aux autres de beauté, ou en faisant appel à un sentiment de compassion pour nos amis les animaux ... qu'on ébranlera des attitudes traditionnelles. ...
La chaîne des causes et des effets destructeurs remonte à une cause première ... : trop de monde sur terre. »

En d'autre termes, ou en résumé, il est plus que temps que chacun sorte du cadre ambigu et limité de ses préoccupations personnelles, pour œuvrer à cet objectif synthétique, urgent, prioritaire et déterminant, qu'est la dénatalité. Le reste suivra.

Comme l'écrit encore Paul Ehrlich : « ... avec, disons, une population mondiale de cinq cents millions d'hommes (rappelons que la terre ne comptait encore que 3 milliards d'humains lorsqu'il s'exprimait), moyennant quelques changements radicaux dans le rythme d'utilisation et la répartition des ressources mondiales, on résoudrait sans doute la crise écologique. »

"Moins nombreux, plus heureux" est donc un cri d'alarme de plus, auquel la préface d'un "Chevalier vert" n'ajoute pas grand chose, sinon que l'instinct du politicien le conduisant à toujours voler au secours de la victoire, il pourrait s'en déduire un supplément d'espoir – bien que l'intéressé ne se soit jamais distingué par la vigueur de ses prises de position concernant la dénatalité. De ce seul point de vue, le sous-titre de l'ouvrage n'eut-il pas justifié une inversion des priorités qu'il énonce pour devenir "L'urgence démographique de repenser l'écologie"

Quelles que soient leurs postures, leur résistance ou leurs protestations, ce sont les pouvoirs religieux, politiques et scientifiques qui ont entraîné la société au point d'irresponsabilité et d'inconscience où elle en est en matière de prolifération et ce ne peut être que d'eux que viendrait un sursis à son sort, au demeurant inéluctable. Aucune manifestation allant en ce sens ne doit donc être négligée, pour autant que les responsables – à tous les niveaux – de ces pouvoirs soient capables de pondérer leurs certitudes et acceptent de les soumettre aux réalités incontournables du nombre.



NB - Étrangement plus soucieux de photocopillage que de la propagation des messages dont il est porteur, "Moins nombreux, plus heureux", interdit par son copyright toute reproduction de son contenu, ce qui explique que la présente note de lecture soit privée des extraits et citations dont elle aurait pu s'étayer.