lundi 31 mars 2014

Dénatalité, pauvres et riches

Dénatalité, pauvres et riches


Évolution de la population mondiale par catégories sociales
selon la démographie

Catégories
sociales
Époques
et hypothèses d'accroissement
Hypothèses de réduction
An 2010
An 2050*
An 2100*
N°1
N°2
Population totale
7 000
9 000
11 200
3 000
2 000
Riches (a) 3.7%
259
333
414
111
74
Classes. moyennes (b) 24.3%
1 815
2 187
2 722
729
486
pauvres (c) 70%
4 926
6 300
8 400
2 100
1 400
En millions * Projections a minima

Nota - Les chiffres et pourcentages ci-dessus sont ceux moyennement admis par les instances publiant des données à ce sujet (ONU, B.M., INED, ONG diverses) ou en résultent.

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Par son caractère indigne, la pauvreté fait obligation aux hommes de secourir ceux qui en sont frappés, mais il y a diverses façons de procéder dont celles qui ont été employées jusqu'à notre époque ne semblent pas s'être distinguées par leur efficacité. Toutes ayant au contraire fait la preuve de leur impuissance, une au moins reste à appliquer : la dénatalité.

Comme chacun peut le comprendre et contrairement à la confusion qui règne souvent en la matière, lutter contre la pauvreté c'est lutter pour les pauvres et non contre eux. C'est en cela que le schéma et le tableau ci-inclus démontrent que la dénatalité est à coup sûr le meilleur moyen d'améliorer rapidement et de façon durable le sort des pauvres. En effet, sur 100 êtres humains qui naissent, 70 sont issus de parents pauvres, et le seront eux-mêmes dans leur grande majorité, 14 venant augmenter le nombre des pauvres profonds pour lesquels s'extraire de leur condition relève de la gageure.

Schéma et tableau représentent l'aggravation de la pauvreté, telle qu'elle résulte de la seule augmentation de la population. Inversement, ils mettent en évidence les effets bénéfiques d'une réduction de la population sur la pauvreté, Ramener la population de la planète à 2 milliards d'êtres humains, reviendrait à ramener le nombre actuel de pauvres  de 4,826 milliards à 1, 4 milliard. Par ailleurs, la plupart des problèmes écologiques y trouvant leurs solutions, voilà qui ne serait pas "mettre la charrue avant les bœufs", comme le font la plupart de ceux dont la préoccupation (pollution, réchauffement climatique, ressources énergétique, ressources alimentaires, etc.) est l'arbre qui leur cache la forêt.

Si le tableau se suffit à lui-même, sa lecture étant des plus simples, le schéma ci-après, qui l'illustre, peut justifier les explications suivantes, à défaut d'explications scientifiquement établies  :

- La pyramide (X) représentée par le triangle le plus grand (de couleur grise pour l'édition en couleurs) figure très schématiquement l'état de la pyramide sociale à notre époque, peuplée de bientôt 9 milliards d'êtres humains, avec sa partition entre riches (a), classes moyennes (b) et pauvres (c).
- La pyramide (Y), réduite en volume pour une même hauteur que la pyramide (X), représente les effets d'une réduction de la population d'environ les 2/3, afin de mettre en évidence la diminution du nombre de pauvres qui en résulterait, à égalité de population totale et de richesse globale de la société. En d'autres termes, et comme le tableau l'indique par ses chiffres, eu égard à la proportion de pauvres peuplant la pyramide sociale, une réduction de la population totale de cette dernière, entraîne une réduction du nombre de pauvres et par conséquent un recul correspondant de la pauvreté.
- La pyramide (Z) se veut l'équivalent en population de la pyramide (Y), mais selon une configuration correspondant à un moindre niveau de richesse globale de la société. 

Il s'ensuit dans tous les cas que les proportions de pauvres, de représentants des classes moyennes et de riches ne changent pas. Seul que change le nombre de représentants de chacune de ces classes, au bénéfice premier de la plus nombreuse d'entre elles.




lundi 24 mars 2014

À propos du livre "Moins nombreux plus heureux"

Éditions Sang de la Terre - 1er trimestre 2014

Plutôt que de prétendre, dans sa présentation, qu'il vient combler un manque, alors que contradictoirement certains de ses précurseurs y sont cités, n'eut-il pas été plus juste et modeste de dédier ce recueil à ceux qui de tous temps, et particulièrement depuis la fin du dernier siècle, n'ont pas cessé de dénoncer une situation qui ne fait qu'empirer. En dépit de l'insouciance générale à l'égard de notre sort dans laquelle nous vivons et de l'impassibilité avec laquelle les pouvoirs persistent à diriger nos consciences et nos actes, nous ne devons en effet pas davantage oublier les messages de nos sonneurs de tocsin nationaux comme Gaston Bouthoul, Jean Dorst, Alfred Fabre-Luce, Albert Jacquard, Alfred Sauvy, etc. que les avertissements de Kofi Annan, Secrétaire général des Nations Unies (1997 - 2006) : « Si nous continuons dans cette voie, si nous ne faisons rien pour enrayer l'accroissement de la population, nous allons en payer le prix, nous allons nous retrouver dans un monde surpeuplé. La démographie a un impact sur le développement économique, sur l'environnement et sur les ressources de la Terre qui sont limitées.» ; ou du Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population ; « L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère et le climat exigera en fin de compte des modes viables de consommation et de production, qui ne peuvent être atteints et maintenus que si la population mondiale ne dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»

Comme l'écrivait Jean Fourastié ("Ce que je crois" - Grasset 1981), autre prémoniteur : « la condition humaine est bien la dernière des préoccupations de l'homme. » Mais n'est-ce pas l'expression de la sagesse populaire, considérant que comme toute chose peuplant l'univers, notre Terre aura une fin et peut-être avant elle, au moins quelques unes des espèces qui la peuplent ? La mort de notre civilisation s'inscrit normalement dans ce destin, avec d'autant plus de certitude et de rapidité que nous aurons abusé de l'hospitalité de notre planète ; et pour peu qu'ils ouvrent les yeux, les plus bornés d'entre nous entrevoient le terme de son pillage. Pourquoi dès lors se préoccuper d'un avenir aussi inéluctable ? Peut-être est-ce la raison pour laquelle certains des auteurs de ce livre ne jugent pas utile d'aller au-delà de leur vision personnelle et restreinte de ce qui est en train de se produire.

Jean Fourastié pensait aussi (même source que ci-dessus) que ce qui manque le plus à l'homme est la synthèse. Or ce livre le confirme, dans la diversité des points de vue qu'il offre, agrémentés pour quelques uns d'exercices de style et d'évocation des clivages droite-gauche, homme-femme, riches-pauvres ; d'accusation des multinationales, (comme si elles n'étaient pas des structures nées de notre prolifération), etc. ainsi que de quelques actes de repentance, tribu payé à la pensée unique. Si l'écologie n'est pas plus de droite que de gauche, nous pouvons hésiter dans l'attribution de l'abus démographique à l'homme ou à la femme (la procréation se pratiquant à deux, n'en déplaise à certains) ; nous pouvons en accuser le collectivisme plutôt que le libéralisme et inversement, etc. mais une chose est certaine : au sein d'une pyramide sociale qui n'a cessé de s'atrophier au cours des dernières décennies, par simple effet de proportion, les pauvres seront les plus concernés par une réduction de la population, quelle qu'en soit l'ampleur. Ce sera en tout état de cause une grande victoire dans la lutte contre la pauvreté mais le bât blesse, car la régulation qui s'imposera d'elle-même si nous ne sommes pas capables d'y procéder à temps avec un minimum de sagesse, fera fi de toutes considérations d'ordre social et même humanitaire, ce qui nous promet le pire.

Pour plus de précision quant au caractère décalé des préoccupations de certains auteurs, peut-être est-il bon de rappeler quelques lignes de "La bombe "P", de Paul Ehrlich (p.75-76 - J'AI LU - Flammarion - 1976) : «Vous remarquerez que, dans mon exposé sur l'environnement humain, je me suis abstenu d'évoquer les thèmes habituels de la protection de la nature. Je n'ai pas versé de larmes sur la disparition des colombes voyageuses, ni sur celle, très proche, des condors californiens. Pas de larmes pour eux, donc, ni pour le grand pingouin ou le mammouth ou les grands troupeaux de bisons ou l'ours grizzli de Californie ou le perroquet de Caroline. Je n'ai pas parlé d'eux, ni du charme, de la beauté, de la magnificence même, de bien des paysages. Au lieu de cela, je me suis limité à des faits concernant directement l'homme. La raison en est simple : malgré tous leurs efforts, toute leur propagande, tous les beaux articles et toutes les belles photos, ceux qui se préoccupent seulement de protection de la nature sont battus d'avance. Et cela pour deux raisons. La première, évidente : l'explosion démographique entraîne irrémédiablement le "développement à tout prix". La seconde, c'est que nos [semblables] s'en moquent. Ils n'ont jamais entendu parler du condor de Californie ou du milan des Cévennes et ne s'attristent pas de leur disparition. Ils se disputeront plutôt le privilège de tirer sur les derniers. La vérité est que nous sommes de deux espèces. Un petit nombre se dévoue à la cause de la préservation de la beauté et de la nature. La majorité (permis de chasse en poche) concourt à sa perte, ou se montre en tous cas indifférente à son égard. Les premiers n'auront pas besoin d'être convaincus, et ce n'est pas en parlant aux autres de beauté, ou en faisant appel à un sentiment de compassion pour nos amis les animaux ... qu'on ébranlera des attitudes traditionnelles. ...
La chaîne des causes et des effets destructeurs remonte à une cause première ... : trop de monde sur terre. »

En d'autre termes, ou en résumé, il est plus que temps que chacun sorte du cadre ambigu et limité de ses préoccupations personnelles, pour œuvrer à cet objectif synthétique, urgent, prioritaire et déterminant, qu'est la dénatalité. Le reste suivra.

Comme l'écrit encore Paul Ehrlich : « ... avec, disons, une population mondiale de cinq cents millions d'hommes (rappelons que la terre ne comptait encore que 3 milliards d'humains lorsqu'il s'exprimait), moyennant quelques changements radicaux dans le rythme d'utilisation et la répartition des ressources mondiales, on résoudrait sans doute la crise écologique. »

"Moins nombreux, plus heureux" est donc un cri d'alarme de plus, auquel la préface d'un "Chevalier vert" n'ajoute pas grand chose, sinon que l'instinct du politicien le conduisant à toujours voler au secours de la victoire, il pourrait s'en déduire un supplément d'espoir – bien que l'intéressé ne se soit jamais distingué par la vigueur de ses prises de position concernant la dénatalité. De ce seul point de vue, le sous-titre de l'ouvrage n'eut-il pas justifié une inversion des priorités qu'il énonce pour devenir "L'urgence démographique de repenser l'écologie"

Quelles que soient leurs postures, leur résistance ou leurs protestations, ce sont les pouvoirs religieux, politiques et scientifiques qui ont entraîné la société au point d'irresponsabilité et d'inconscience où elle en est en matière de prolifération et ce ne peut être que d'eux que viendrait un sursis à son sort, au demeurant inéluctable. Aucune manifestation allant en ce sens ne doit donc être négligée, pour autant que les responsables – à tous les niveaux – de ces pouvoirs soient capables de pondérer leurs certitudes et acceptent de les soumettre aux réalités incontournables du nombre.



NB - Étrangement plus soucieux de photocopillage que de la propagation des messages dont il est porteur, "Moins nombreux, plus heureux", interdit par son copyright toute reproduction de son contenu, ce qui explique que la présente note de lecture soit privée des extraits et citations dont elle aurait pu s'étayer.

jeudi 6 février 2014

Toujours à propos de "COMPTE à REBOURS", de Alan Weisman.

L'intérêt suscité par mon article publié ici et par plusieurs média en ligne sous le titre :
"À lire ABSOLUMENT : COMPTE À REBOURS, de Alan Weisman"*,
m'engage à partager avec ceux qu'intéressent les question de développement, de démographie et d'environnement, un certain nombre de citations et d'extraits tirés de ce livre, dans l'espoir qu'ils leur donneront l'envie de le lire en entier.
Je précise qu'il ne s'agit pas uniquement de lignes émanant de l'auteur, mais aussi bien de propos tenus par divers personnages qu'il lui a été donné d'interviewer


Citations
- C'est Dieu qui engendre les enfants. Et il leur trouve une place à tous ...
- Dieu a créé ce problème [la surpopulation] et Il lui apportera une solution.
- Dieu ne dit pas : « Soyez féconds et multipliez-vous à l'infini ou autant que vous pouvez ... ». Il dit : « Soyez féconds, multipliez-vous et remplissez la Terre ».
- En 2020 tous les Israéliens boiront de l'eau d’égout recyclée, mais il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde.
- Dans l'histoire de la biologie, toute espèce qui a surexploité ses ressources a vu sa population s'effondrer.
- Ce sont essentiellement les pays pauvres qui contribuent à l'accroissement de la population.
- Le moteur de l'agriculture n'est pas la volonté de nourrir l'humanité, mais le profit.
- Les progrès de la production alimentaire ont pour conséquence que la Terre abrite plus d'affamés que jamais.
- ... chacun de nous est en compétition avec tout être vivant de la planète pour se nourrir et s'assurer un espace vital.
- Dans le Coran, le Prophète conseille aux parents de ne pas faire plus d'enfants qu'ils n'ont les moyens d'en élever.
- Si nous voulons un monde plus riche, nous devons faire baisser les chiffres de la population. Les deux choses vont ensemble.
- Soit tout le monde, en moyenne, consomme moins, soit nous avons moins de consommateurs.
- La transition vers [un monde]à la population réduite impliquera, au moins pendant un temps, une proportion très élevée de gens âgés.
- La vie moderne requiert une planification moderne.
- à propos du préservatif : No Glove, No Love. (Pas de capote, pas d'amour). In Rubber We Trust. (Nous avons foi en la capote). Weapons of Mass Protection. (Armes de protection massive).
- ... il n'y a pas un seul problème sur la Terre qui ne serait moins grave si nous étions moins nombreux.
- Chacun a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où l'on se sentait plus libre.


Extraits
- Comme aimait à dire Yasser Arafat : La meilleure arme de l'Organisation de libération de la Palestine, c'est l'utérus des Palestiniennes.
- Les haredim sont encore minoritaire en Israël, mais ils s'acharnent à changer cet état de fait. Et leur tactique est simple : ils procréent. Les familles ultra-orthodoxes comptent en moyenne près de sept enfants ; les fratries de dix ou plus ne sont pas rares ... un quotidien de Jerusalem cite un haredi qui se vante d'avoir 450 descendants.
- Rio 1992 - Sommet de la Terre :
Invoquant le caractère sacré de la vie humaine, le Vatican affirma que les pauvres étaient les victimes et non les responsables de la dégradation de l'environnement.... L’Église eut aussi une influence considérable sur les négociations préliminaires et réussit à faire supprimer l'expression planification familiales et le mot contraception des ébauches de la déclaration commune ... Le Saint-Siège n'a pas cherché à éliminer les questions relatives à la population ; il a simplement tenté d'en améliorer la formulation, déclara le Vatican lorsqu'il eut obtenu satisfaction.
Pour les multinationales qui étaient les principaux sponsors du Sommet, l'accroissement des populations était synonymes à la fois de main d'œuvre peu coûteuse et de marchés toujours plus vastes.
- La population optimale ne signifie pas le nombre maximal d'individus susceptibles d'être entassés dans les différents pays comme des poulets en batterie, mais le nombre d'humains qui peuvent mener en même temps une vie confortable, agréable, et sans compromettre les chances des générations futures de connaître le même sort. Dans cette optique, chaque membre de cette population optimale doit avoir au minimum la garantie d'être nourri, logé, scolarisé, soigné, de ne souffrir d'aucun préjugé, racial, ou autre, et de gagner sa vie.
Il ne s'agi[ssai]t pas là de mettre fin aux inégalités, les forces économiques qui les produisent sont trop puissantes, [de même que] l'égoïsme et le nombrilisme propres aux humains
- Il est impératif que les émissions de carbone des riches diminuent radicalement. mais si l'on veut voir s'instaurer un semblant d'égalité, les pauvres émettront quant à eux davantage de carbone. Et plus nous serons nombreux, plus ce chiffre sera élevé.
- [Au Pakistan] e taux de chômage, à deux chiffres, croît avec la population. ... Une nation remplie de jeunes gens en colère n'est pas une nation stable, et une nation déstabilisée où trop de citoyens manquent d'eau et sont entraînés dans le chaos est une source d'inquiétude pour toute la planète.
- En 1947 [Karachi] comptait moins d'un demi-million d'habitants. Ce chiffre a été multiplié par 42 : ils sont aujourd'hui [en 2013] 21 millions.
- L'étalon de mesure de presque toutes les économies a toujours été celui de la croissance. Les exceptions – les communautés coopératives ou les sociétés qui pratiquent le potlatch [Cérémonie, pratiquée notamment par les tribus indigènes d'Amérique du Nord, au cours de laquelle des clans ou des chefs de clans rivalisent de prodigalité, soit en détruisant des objets, soit en faisant des dons au rival qui est contraint à son tour à donner davantage (ATILF). Par ext. : Système de dons/contre-dons dans le cadre d'échanges non marchands (Wikipedia)] ont peut-être beaucoup à nous apprendre, mais elles sont si rares qu'elles semblent confirmer la règle. Pour jauger l'état de santé de l'économie, les medias regardent si l'immobilier a grimpé ou chuté. Peu importe que chaque nouvelle maison amplifie le mouvement d'étalement urbain, supprime un morceau supplémentaire de l'environnement naturel et exige des ressources considérables pour être raccordée aux différents réseaux urbains – eau potable, égouts, électricité, routes, etc. Peu importe car cette maison [désirée par celui qui la fait construire ou l'achète] représente un profit pour les promoteurs et les agents immobiliers, ainsi que du travail pour les menuisiers, les maçons, les plombiers, les électriciens, les peintres, les poseurs de parquet, les jardiniers, les terrassiers et les marchands de meubles. Sans compter les emplois que son entretien contribuera à maintenir.
Mais que se passe-t-il, alors, si nous sommes moins nombreux et avons besoin de moins de maisons, de moins de biens ? Comment s'opère la transition vers une société de plus petite taille, avec moins de consommateurs chaque année – et moins de travailleurs, aussi, qui remplissent les coffres des services sociaux, nécessaires pour faire vivre et soigner les gens âgés, improductifs, de cette société contractée ?
Qu'arrive-t-il ensuite, si nous parvenons bel et bien à un nombre optimum d'humains qui utiliseront et recycleront les ressources de la nature à un rythme plus lent, qui permettra à ces ressources de se reconstituer – si nous trouvons en somme le juste équilibre avec la planète qui nous fait vivre ? Maintenir un tel niveau idéal impliquerait de ne jamais plus croître pour le dépasser.
Cet objectif est-il réaliste ? Pourrons-nous un jour avoir la prospérité sans la croissance ?
- La science économique traditionnelle prêche la croissance perpétuelle, qui implique non seulement l'invention permanente de nouveaux produits mais aussi la recherche constante de nouveaux consommateurs. C'est une des raisons pour lesquelles la plupart des économistes sont traditionnellement favorables à l'augmentation des populations. L'autre raison, c'est que plus il y a de gens, plus il y a de réserve de main-d'œuvre, plus il y a de travailleurs pour occuper les emplois disponibles et moins cher ils peuvent être payés.
Malheureusement, sur une planète dont les ressources sont par définition limitées, une économie fondée sur la croissance sans fin n'est pas plus perpétuelle qu'une chaîne de lettres ou une pyramide de Ponzi, deux arnaques qui nécessitent toujours davantage de participants ... jusqu'à ce que l'édifice tout entier s'effondre.
- Certains Japonais ont recours à une forme extrême de contraception : [ils n'ont] pas de relations sexuelles. Ce n'est pas aussi dramatique qu'il y paraît ...
- L'appauvrissement des sols et des océans, bien réel et inéluctable, se manifeste pour l'essentiel [à l'égard] d'une frange croissante du bas de la société humaine : des gens affamés, qui sont aujourd'hui, au début du XXIe siècle, plus nombreux que ne l'était l'ensemble des humains vivant sur terre avant que l'industrialisation n'accélère la multiplication de nos populations ...

- Nous ignorons si la fin de l'humanité est proche. Nous savons qu'elle pourrait survenir ... Mais ce ne sera pas la fin de la Terre même si c'est notre fin à nous. La nature poursuivra son chemin après nous.

* Flammarion - Déc. 2013

lundi 3 février 2014

À lire ABSOLUMENT : COMPTE À REBOURS, de Alan Weisman

COMPTE À REBOURS (Alan Weisman - Flammarion Déc 2013)
À lire ABSOLUMENT.

Il est d'autant plus malaisé de tirer de ce tour du monde des misères de l'humanité et de celles qu'elle inflige à son environnement, autre chose que nostalgie et résignation, que les meilleures intentions pour y remédier sont souvent antagonistes. À défaut d'admettre « Qu'il n'y a pas un seul problème sur la Terre qui ne serait moins grave si nous étions moins nombreux. », « Chacun en effet a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où l'on se sentait plus libre. »

Face au foisonnement de nos maux, reste à espérer que ce livre, par les « questions simples et de bon sens » qu'il pose en préambule :
- « Combien d'êtres humains notre planète peut-elle contenir ... ? »
- « Existe-t-il un moyen pacifique et moralement acceptable de convaincre les humains de toutes les cultures, religions, nationalités, tribus du monde, qu'il est de leur intérêt de faire moins d'enfants ? »
- « ... quelles espèces et quels processus écologiques sont essentiels à notre survie ? »
- « ... comment concevoir ... une économie capable de prospérer sans dépendre d'une croissance infinie ? »,
soit suffisamment lu pour accélérer la prise de conscience de ce qu'est la réalité de notre prolifération ainsi que la nature et l'urgence des mesures à mettre en œuvre pour l'enrayer et stabiliser la population mondiale à un niveau acceptable.

C'est aussi un hommage mérité à de nombreuses ONG, ainsi qu'aux communautés universitaires et scientifiques, qui ne doit pas faire oublier que ces dernières ne sont pas toutes d'accord, tant sur les bilans que sur les mesures à prendre telles qu'elles en découlent. Il n'en demeure pas moins que leurs travaux contrastent avec l'inertie des religions ainsi qu'avec l'absence de réactivité, – voire l'opposition – des politiques, faisant de ceux-ci comme de celles-là les vrais responsables de la situation dans laquelle s'est enfoncée l'humanité au cours des derniers siècles, par leur incapacité à accompagner le progrès.

Quoi qu'il en soit, si contrairement à ce que peuvent faire croire leur crédulité et leurs superstitions, leur condition n'est pas la première préoccupation des hommes, il est grand temps qu'ils réalisent que « La foi stupide ne peut que déplaire à Dieu. » (Jules Renard)


Tout les moyens respectueux de la morale étant bons pour parvenir à la dénatalité, ne faut-il pas craindre toutefois que le foisonnement des faits et leur relation dans un style journalistique atteignant les limites de la vulgarisation, puissent porter atteinte à l'efficacité de "COMPTE À REBOURS" ? À chacun de ceux qui partagent les préoccupations de Alan Weisman de faire en sorte qu'il n'en soit rien.