Combien
de ceux qui se sont réunis au Louvre pour célébrer la victoire
d’Emmanuel Macron, ont-ils conscience de ce que représente
socialement la pyramide ? En tout cas, en dépit de sa
transparence, celle du Louvre ne le révélant pas spontanément,
conscients ou non, ceux qui dansaient autour devraient s’en
préoccuper, tant il est vrai qu’il soit plus que jamais
indispensable que les vérités de la pyramide sociale soient
clairement reconnues par chacun.
« Montrer
que les intérêts de la France passent avant ceux d’un parti ;
c’est comme cela que l’on peut rompre avec les vieilles habitudes
politiques »
proclament les vertueux, mais cela ne suffira pas.
Les causes de notre situation et
des polémiques sans nombre et sans fin qu’elles suscitent ne
datent pas d’aujourd’hui et ne se limitent pas à la France, qui
ne fait, dans une large mesure, que subir une évolution contre
laquelle sont désarmés ses représentants les mieux intentionnés,
les plus compétents et les plus expérimentés. Comme les autres
pays, et plus encore si elle veut conserver son rang dans le concert
des nations, la France doit compter avec une mondialisation
inexorable, allant bien au-delà des aspects économiques et sociaux
auxquels se limitent tous ceux qui la regardent se renforcer chaque
jour, en croyant qu’il suffise de veiller frileusement à la
sauvegarde d’un passé révolu. Dans cette nouvelle donne, notre
pays est confronté au premier des dangers de la mondialisation
qu’est la surpopulation planétaire, dans ses prémices et son
accélération progressive, avec la menace de son déferlement
partout où des frontières tombent chaque jour, quels que soient les
murs et autres barrières dressées par ceux qui ignorent autant un
progrès qui n’en a que faire que l’asphyxie promise par le
surnombre. Sujet tabou entre tous, mais qui ne nous impose pas moins
en partage son cortège d’extrémismes et autres déraisons, nés
de désordres, de misères et de violences, ne faisant que traduire
le désarroi des plus vulnérables, suivis d’une élite de plus en
plus impuissante, faute d’une prise de conscience qu’interdisent
en premier lieu ses croyances et ses utopies.
Quel
état-major
politique ; de
quel parti sont
ceux qui
peuvent
ignorer
une situation mondiale dans laquelle le sort des nations est
irrémédiablement et chaque jour davantage lié à celui des
autres ? Qui
peut ne pas voir que la
globalisation est
invincible parce que fruit
du progrès, mais aussi parce qu’elle est profitable
aux plus déshérités des
êtres humains,
qui
y trouvent
l’espoir
d’aller soigner leurs maux là où des
moyens
d’information sans bornes
leur apprennent que la vie est plus douce ?
Pour
avoir
une idée des
aberrations
qui masquent
cette réalité, il suffit de
se rappeler le
comportement
de la plupart des
candidats à l’élection
présidentielle, ayant
fait sans vergogne
argument des échecs de ceux dont ils briguaient la place, après
avoir tout fait pour les y conduire lorsqu’ils étaient eux-mêmes
dans l’opposition. Leur propre action n’a-t-elle pas alors été
de réduire à néant leurs moindres initiatives ? Sans
s’interroger sur les raisons pour lesquelles ils avaient dû subir
le même sort lorsqu’il a pu leur arriver de gouverner. Ils ont
ainsi oublié que
l’opposition
elle-même
est un pouvoir et la
légèreté
avec laquelle celui-ci est trop souvent exercé, mais ils négligent
surtout en permanence les
fondamentaux de
la société –
quand ils se sont donné la peine de les approfondir
–,
voulant à tout prix y substituer une construction dictée par leurs
seules
idéologies.
À
quand des politiques capables de faire taire ces idéologies plus
aveugles les unes que les autres, qui les fait être systématiquement
contre, au nom d’intérêts partisans, pour se renier quelque temps
après ? C’est ce que ne peut plus supporter une société
bloquée par la vision étriquée de doctrinaires aussi intolérants
qu’ignorants. Or ce changement d’attitude repose avant tout sur
une parfaite conscience des raisons pour lesquelles les luttes
sociales sont aussi anciennes que l’homme et dureront aussi
longtemps que lui, sans pouvoir trouver d’autres solutions que de
compromis. La simple observation de la pyramide sociale suffit à
s’en convaincre.
Sans
aller jusque-là, les
électeurs semblent
faire
spontanément
consensus ;
reste à ceux qu’ils éliront à en
faire
autant.
Mais
les
nouveaux élus
seront-ils
capables de
dépasser cette profession de foi proclamée
récemment par
l’un d’entre eux pour
aider Macron à trouver sa majorité: « libérer
notre avenir français et européen de la catastrophe
environnementale, de la casse sociale, de la faillite démocratique,
de l’abandon des valeurs républicaines » ?
Où
est l’incontournable globalisation dans cette
vision d’un observateur qui tient manifestement sa
lorgnette par le mauvais bout ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Pour en permettre le suivi, seuls les commentaires signés ou sous pseudo, et rédigés en français et en anglais seront publiés après modération.