Sans
nier les bienfaits de la compassion et du dévouement de ceux qui au
demeurant prospèrent sur les décombres, autant de réactions, relevées dans les média, qui
font du séisme ayant frappé le Népal, l'une des situations les
plus emblématiques de l'inconscience de l'homme et du peu de cas
qu'il fait des alertes que lui lancent des organismes pourtant créés
par lui-même pour se protéger.
Là
comme en bien d'autres endroits de la planète où existent des
risques sismiques comparables, les avertissements et les mises en
garde sont systématiquement dispensés, mais rien n'y fait. La vie
continue, et un développement économique fondé ici sur le
tourisme, ailleurs sur d'autres ressources, génèrent un
accroissement des populations locales et la présence d'étrangers
toujours plus nombreux ; Les infrastructures – le plus souvent
inadaptées – croissent comme si de rien n'était.
Le
12 avril 2015, Geohazards International, une organisation
spécialisée dans les risques liés aux séismes, a actualisé l’une
de ses études et pointé la vulnérabilité et l’impréparation du
Népal. «Avec
une croissance de la population de 6,5% par an et une densité
urbaine parmi les plus élevées du monde, les 1,5 million
d’habitants de la vallée de Katmandou font face à un risque
important et croissant de tremblement de terre. Il est clair que le
prochain séisme d’ampleur causera plus de morts, de dégâts et de
problèmes économiques que les précédents», note
le rapport. Geohazards International déplore aussi que le
gouvernement n’ait pas contrôlé le développement rapide de la
ville et édicté des règles de construction prenant en compte les
risques sismiques. (Libération.fr-26/04/2015 - Luc Mathieu). Mais pourquoi en serait-il autrement pour Katmandou que pour San Francisco, qui nous promet bien plus grandiose ?
«
L'ascension de l'Everest pourra reprendre d'ici la semaine prochaine
en dépit du séisme qui a également déclenché une avalanche ayant
tué 18 personnes sur le plus haut sommet du monde». «Les échelles
vont être réparées d'ici deux à trois jours et les ascensions se
poursuivre, personne n'a de raison de renoncer à son expédition»,
a dit le chef du département du tourisme, Tulsi Gautam.
Le séisme en cause s’étant produit en un lieu réputé pour la sagesse de ses habitants, le paradoxe vaut d’être souligné. Combien de catastrophes pourraient être limitées dans leurs effets, sans cette inconséquence, qui ne règne pas qu'au Népal ?
Et
il en est de même là où n'intervient que la déraison des hommes,
sans que les fureurs de la nature aient à s'en mêler. En attestent
les débordements migratoires en Méditerranée, dont l'horreur en
fait oublier d'autres, comme ces boats people asiatiques, qui n'ont
probablement pas pour autant interrompu leur misérable service mais
dont l'opinion se désintéresse, ne pouvant être partout en même temps. Qui peut, là encore, prétendre que
les avertissements manquent quant à cette menace qu'est la
surpopulation mondiale et son cortège de désordres, pires que ceux
provoqués par les pires des catastrophes naturelles ? Il faut le
répéter : si une population qui a progressée de 250 millions
à bientôt dix milliards d'êtres humains en 2 millénaires n'est
pas le seul mal dont souffre l'humanité, tous les autres en
dépendent, quoi qu'en pensent ceux qui
cultivent
jalousement leurs inquiétudes, réduites
à ce que
leur inspirent leur curiosité,
leur formation, leur logique,
leur
sensibilité, ... qu'il
s'agisse de péril énergétique,
de ressources
alimentaires,
de
réchauffement climatique, de
protection de telle ou telle espèce, de
pollution, etc. Plutôt
que de chercher à comprendre et surtout admettre la cause première
de tous ces maux – ce qui permettrait d'attaquer leurs racines –,
la grande majorité des hommes n'est sensible qu'aux questions
influençant son quotidien et qui constituent autant d'arbres lui
cachant la forêt. Avec la complicité de tous les pouvoirs , «
incapable de synthèse et insensible à sa propre condition »
(Jean Fourastié), l'homme ignore les avertissements que lui
adressent le sens commun et quelques.esprits clairvoyants. Il en est
comme s'il était frappé d'aveuglement et de surdité, à moins que
ce soit d'une
terreur qui
le paralyse, en fait un
fataliste ou au mieux un
secouriste.
Il s'agit là il est vrai, non plus de réagir aux savantes
observations et études menées par des experts en tectonique des
plaques, mais d'une évidence dont les conséquences, non moins
évidentes, sont des difficultés d'ores et déjà vécues et ne
pouvant qu'être aggravées par le nombre. Probablement est-ce pour
cela que les hommes – élite en tête – persistent avec
opiniâtreté dans le déni de réalité, préférant les arguments
flattant leur vanité et leur confort, aux mises en garde les plus
modérées. Pendant ce temps, alors que la bio-capacité de la
planète a été largement dépassée (cf.
,https://www.youtube.com/watch?v=vfV6BKDmXFQ&authuser=0
), l'accroissement de la population humaine mondiale réduit chaque
jour un peu plus l'espoir d'un rééquilibrage.
Cet article sera à réécrire lorsque tremblera San Francisco, objet de tous les avertissements, que personne n'entend.
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