L'intérêt
suscité par mon article publié ici et par plusieurs média en ligne
sous le titre :
"À
lire ABSOLUMENT : COMPTE À REBOURS, de Alan Weisman"*,
m'engage à
partager avec ceux qu'intéressent les question de développement, de
démographie et d'environnement, un certain nombre de citations et
d'extraits tirés de ce livre, dans l'espoir qu'ils leur donneront
l'envie de le lire en entier.
Je précise
qu'il ne s'agit pas uniquement de lignes émanant de l'auteur, mais
aussi bien de propos tenus par divers personnages qu'il lui a été
donné d'interviewer
Citations
-
C'est Dieu qui engendre les enfants. Et il leur trouve une place à
tous ...
-
Dieu a créé ce problème [la surpopulation] et Il lui apportera une
solution.
-
Dieu ne dit pas : « Soyez féconds et multipliez-vous à l'infini ou
autant que vous pouvez ... ». Il dit : « Soyez féconds,
multipliez-vous et remplissez la Terre ».
-
En 2020 tous les Israéliens boiront de l'eau d’égout recyclée,
mais il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde.
-
Dans l'histoire de la biologie, toute espèce qui a surexploité ses
ressources a vu sa population s'effondrer.
-
Ce sont essentiellement les pays pauvres qui contribuent à
l'accroissement de la population.
-
Le moteur de l'agriculture n'est pas la volonté de nourrir
l'humanité, mais le profit.
-
Les progrès de la production alimentaire ont pour conséquence que
la Terre abrite plus d'affamés que jamais.
- ... chacun de nous est
en compétition avec tout être vivant de la planète pour se nourrir
et s'assurer un espace vital.
- Dans le Coran, le
Prophète conseille aux parents de ne pas faire plus d'enfants qu'ils
n'ont les moyens d'en élever.
- Si nous voulons un
monde plus riche, nous devons faire baisser les chiffres de la
population. Les deux choses vont ensemble.
- Soit tout le monde, en
moyenne, consomme moins, soit nous avons moins de consommateurs.
- La transition vers [un
monde]à la population réduite impliquera, au moins pendant un
temps, une proportion très élevée de gens âgés.
- La vie moderne requiert
une planification moderne.
- à propos du
préservatif : No Glove, No Love. (Pas de capote, pas d'amour). In
Rubber We Trust. (Nous avons foi en la capote). Weapons of Mass
Protection. (Armes de protection massive).
- ... il n'y a pas un
seul problème sur la Terre qui ne serait moins grave si nous étions
moins nombreux.
- Chacun a le souvenir
d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé. Plus agréable. Où
l'on se sentait plus libre.
Extraits
-
Comme aimait à dire Yasser Arafat : La meilleure arme de
l'Organisation de libération de la Palestine, c'est l'utérus des
Palestiniennes.
- Les haredim sont
encore minoritaire en Israël, mais ils s'acharnent à changer cet
état de fait. Et leur tactique est simple : ils procréent. Les
familles ultra-orthodoxes comptent en moyenne près de sept enfants ;
les fratries de dix ou plus ne sont pas rares ... un quotidien de
Jerusalem cite un haredi qui se vante d'avoir 450 descendants.
- Rio 1992 - Sommet de la
Terre :
Invoquant le caractère
sacré de la vie humaine, le Vatican affirma que les pauvres étaient
les victimes et non les responsables de la dégradation de
l'environnement.... L’Église eut aussi une influence considérable
sur les négociations préliminaires et réussit à faire supprimer
l'expression planification familiales et le mot contraception des
ébauches de la déclaration commune ... Le Saint-Siège n'a pas
cherché à éliminer les questions relatives à la population ; il a
simplement tenté d'en améliorer la formulation, déclara le Vatican
lorsqu'il eut obtenu satisfaction.
Pour les multinationales
qui étaient les principaux sponsors du Sommet, l'accroissement des
populations était synonymes à la fois de main d'œuvre peu coûteuse
et de marchés toujours plus vastes.
- La population optimale
ne signifie pas le nombre maximal d'individus susceptibles d'être
entassés dans les différents pays comme des poulets en batterie,
mais le nombre d'humains qui peuvent mener en même temps une vie
confortable, agréable, et sans compromettre les chances des
générations futures de connaître le même sort. Dans cette
optique, chaque membre de cette population optimale doit avoir au
minimum la garantie d'être nourri, logé, scolarisé, soigné, de ne
souffrir d'aucun préjugé, racial, ou autre, et de gagner sa vie.
Il ne s'agi[ssai]t pas là
de mettre fin aux inégalités, les forces économiques qui les
produisent sont trop puissantes, [de même que] l'égoïsme et le
nombrilisme propres aux humains
- Il est impératif que
les émissions de carbone des riches diminuent radicalement. mais si
l'on veut voir s'instaurer un semblant d'égalité, les pauvres
émettront quant à eux davantage de carbone. Et plus nous serons
nombreux, plus ce chiffre sera élevé.
- [Au Pakistan] e taux de
chômage, à deux chiffres, croît avec la population. ... Une nation
remplie de jeunes gens en colère n'est pas une nation stable, et une
nation déstabilisée où trop de citoyens manquent d'eau et sont
entraînés dans le chaos est une source d'inquiétude pour toute la
planète.
- En 1947 [Karachi]
comptait moins d'un demi-million d'habitants. Ce chiffre a été
multiplié par 42 : ils sont aujourd'hui [en 2013] 21 millions.
- L'étalon de mesure de
presque toutes les économies a toujours été celui de la
croissance. Les exceptions – les communautés coopératives ou les
sociétés qui pratiquent le potlatch [Cérémonie, pratiquée
notamment par les tribus indigènes d'Amérique du Nord, au cours de
laquelle des clans ou des chefs de clans rivalisent de prodigalité,
soit en détruisant des objets, soit en faisant des dons au rival qui
est contraint à son tour à donner davantage (ATILF). Par ext. : Système de
dons/contre-dons dans le cadre d'échanges non marchands
(Wikipedia)] ont peut-être beaucoup à nous apprendre, mais
elles sont si rares qu'elles semblent confirmer la règle. Pour
jauger l'état de santé de l'économie, les medias regardent si
l'immobilier a grimpé ou chuté. Peu importe que chaque nouvelle
maison amplifie le mouvement d'étalement urbain, supprime un morceau
supplémentaire de l'environnement naturel et exige des ressources
considérables pour être raccordée aux différents réseaux urbains
– eau potable, égouts, électricité, routes, etc. Peu importe car
cette maison [désirée par celui qui la fait construire ou l'achète]
représente un profit pour les promoteurs et les agents immobiliers,
ainsi que du travail pour les menuisiers, les maçons, les plombiers,
les électriciens, les peintres, les poseurs de parquet, les
jardiniers, les terrassiers et les marchands de meubles. Sans compter
les emplois que son entretien contribuera à maintenir.
Mais que se passe-t-il,
alors, si nous sommes moins nombreux et avons besoin de moins de
maisons, de moins de biens ? Comment s'opère la transition vers une
société de plus petite taille, avec moins de consommateurs chaque
année – et moins de travailleurs, aussi, qui remplissent les
coffres des services sociaux, nécessaires pour faire vivre et
soigner les gens âgés, improductifs, de cette société contractée
?
Qu'arrive-t-il ensuite,
si nous parvenons bel et bien à un nombre optimum d'humains qui
utiliseront et recycleront les ressources de la nature à un rythme
plus lent, qui permettra à ces ressources de se reconstituer – si
nous trouvons en somme le juste équilibre avec la planète qui nous
fait vivre ? Maintenir un tel niveau idéal impliquerait de ne jamais
plus croître pour le dépasser.
Cet objectif est-il
réaliste ? Pourrons-nous un jour avoir la prospérité sans la
croissance ?
- La science économique
traditionnelle prêche la croissance perpétuelle, qui implique non
seulement l'invention permanente de nouveaux produits mais aussi la
recherche constante de nouveaux consommateurs. C'est une des raisons
pour lesquelles la plupart des économistes sont traditionnellement
favorables à l'augmentation des populations. L'autre raison, c'est
que plus il y a de gens, plus il y a de réserve de main-d'œuvre,
plus il y a de travailleurs pour occuper les emplois disponibles et
moins cher ils peuvent être payés.
Malheureusement, sur une
planète dont les ressources sont par définition limitées, une
économie fondée sur la croissance sans fin n'est pas plus
perpétuelle qu'une chaîne de lettres ou une pyramide de Ponzi, deux
arnaques qui nécessitent toujours davantage de participants ...
jusqu'à ce que l'édifice tout entier s'effondre.
- Certains Japonais ont
recours à une forme extrême de contraception : [ils n'ont] pas de
relations sexuelles. Ce n'est pas aussi dramatique qu'il y paraît
...
- L'appauvrissement des
sols et des océans, bien réel et inéluctable, se manifeste pour
l'essentiel [à l'égard] d'une frange croissante du bas de la
société humaine : des gens affamés, qui sont aujourd'hui, au début
du XXIe siècle, plus nombreux que ne l'était l'ensemble des humains
vivant sur terre avant que l'industrialisation n'accélère la
multiplication de nos populations ...
- Nous ignorons si la fin
de l'humanité est proche. Nous savons qu'elle pourrait survenir ...
Mais ce ne sera pas la fin de la Terre même si c'est notre fin à
nous. La nature poursuivra son chemin après nous.
* Flammarion - Déc. 2013
"C'est Dieu qui engendre les enfants. Et il leur trouve une place à tous".
RépondreSupprimer.....????? je mettrais des nuances, beaucoup de nuances, trop de nuances peut-être....
je crois aux forces de l'esprit. mais aussi aux paroles sensées :
Eph 5.29 : " Car jamais personne n'a haï sa propre chair, mais il la nourrit et en prend soin."
ce n'est pas "croissez et multipliez n'importe comment.
les parents ont des devoirs et celui de nourrir leurs enfants est l'un des premiers.
bien à vous,
"Chacun a le souvenir d'un monde qui était meilleur. Moins peuplé etc..".C'est la dégradation de ce monde qui est impardonnable. La disparition de la beauté de la terre, sa dévastation qui est imputable à l'homme. Crime sans absolution car sans réparation possible.
RépondreSupprimerJ'ose quant à moi espérer – ou j'en ai encore la candeur – que le crime est encore réparable ; à condition toutefois que ceux qui en sont responsables, réagissent de toute urgence.
SupprimerEt ces responsables sont les pouvoirs qui dominent la société, à commencer par le pouvoir religieux qui, comme les autres, pour faire croître et/ou entretenir le nombre de ceux sur lesquels il règne, abuse de leur crédulité et de leur angoisse existentielle – agnostique, sans plus, je précise ce point de vue dans mon article intitulé "pyramide sociale et pyramides antiques", dont je me permets de recommander la lecture à ceux qui ne le connaissent pas encore.
Bien sûr la communauté scientifique, par vanité, soumission, et des pratiques trop souvent sans conscience, ainsi que le pouvoir politique, par un manque de discernement n'ayant d'égales que sa lâcheté et sa démagogie, sont aussi responsables des désordres de portée incalculable vers lesquels se dirige la société, mais c'est aux religions d'éclairer ceux qui sont incapables de s'en rendre compte par eux-mêmes, sur ce qu'est réellement la condition humaine, et d'engager chacun à en tenir compte avec toute l'humilité qui devrait s'imposer à ce qu'il lui reste de bon sens.
Weisman...pouah, des noms comme ça !
RépondreSupprimerBONJOUR CLAUDEC !
RépondreSupprimerDans mon article sur la pyramide sociale, je voulais seulement mettre en évidence le principe de la "locomotive" que sont les entrepreneurs riches et essayer de convaincre le petit français qu'il bénificie de la traction de cette locomotive loin devant.
Ceci dit en ce qui concerne la Palestine, en matheux que je suis, je prends les données démographiques et sociales :
-Israël est un pays démocratique de 8.120.300 habitants dont 1.656.600 arabes musulmans.
-L'Etat Palestinien (Gaza + Cisjordannie) est un pays merdique de 4.148.000 habitants.
Nota: Israël considère toujours qu'il fait partie intégrante du Grand Israël depuis 1967, avec le Golan qui comporte 19.000 Musulmans Druzes.
Avec un peu d'intelligence, le monde musulman du "Grand Israël" (ancienne Palestine) avec ses 5.823.600 arabes musulmans (contre 6.463.700 juifs) et avec un fécondité de 5,2 enfants par femme (contre 3,05 des femmes juives), a très peu d'années à attendre pour prendre le contrôle, démocatiquement, de toute la PALESTINE.
Sans doute qu'il ne savent pas compter ou qu'ils ne croient dans la démocratie et l'honnêteté des Israëliens.
Mais ce n'est QUE mon avis !
KHAYAM
Bonjour KHAYAM
SupprimerMerci de votre commentaire.
Si je partage votre avis sur l'aveuglement des uns et des autres, partout dans le monde, vous comprendrez que je ne souhaite pas m'arrêter au cas d'Israël et de la Palestine, ce blog voulant traiter d'un principe qui nous gouverne tous, bien au-delà des Etats, des religions et des idéologies.
Au sujet de ce que vous appelez le principe de "locomotive", je pense publier ici même, sous peu, un article qui devrait s'intituler "Capitalisme et pauvreté".
Cordialement