jeudi 12 mars 2015

Démographie, écologie et équilibre social

Dans le droit fil des inquiétudes que suscite le rapport étroit que je ne cesse de dénoncer depuis des années, entre démographie et équilibre social, la conférence "Environnement et pression démographique" donnée par l'association "Démographie Responsable" au salon écologiste "Primevère" de Lyon, le 22 février dernier,.doit être saluée et surtout portée à la connaissance du plus grand nombre.


L'état d'urgence démographique y est enfin clairement proclamé – avec chiffres incontestables à l'appui – et situé au premier rang des préoccupations écologiques. Y est par ailleurs évoqué le risque de dérive que contient l'idée trop souvent sommaire de décroissance, consistant à régresser pour vivre plus nombreux, ce qui conduirait la société à une indigence généralisée.


C'est dans cet esprit que je propose à tous ceux que préoccupe sérieusement le sort de leur descendance, les liens ci-après.


À ne manquer sous aucun prétexte

dimanche 8 mars 2015

Pyramide sociale, pouvoirs et démographie - 2 . Le pouvoir politique



La superstition et leur goût pour le mystère ont toujours porté les hommes à voir dans la pyramide un volume chargé d'un secret, d'autant plus impénétrable qu'à toutes les époques et sur tous les continents en ont été construites d'innombrables, plus monumentales les unes que les autres. Mais au risque de décevoir les amateurs d'ésotérisme, le secret que cache une construction commune à des civilisations de toutes les époques est peut-être moins profond qu'il y paraît ? Ne peut-il se ramener à une similitude entre la forme pyramidale et la structure d'une société hiérarchisée comme l'est celle des hommes ? Pragmatiquement, la pyramide n'est-elle pas simplement la représentation de notre fatale condition humaine et de notre organisation sociale telle qu'elle en dépend ?


Une première réponse à cette question peut résider dans l'exorcisation de la pyramide à laquelle se livrent depuis leur avènement les grandes religions monothéistes, au point qu'elles pourraient en être nées en réactions à l'égard d'une fatalité qu'elle exprime dans toute sa nudité. Il faut noter en tout cas la coïncidence avec laquelle ces religions sont apparues là où les dernières grandes pyramides ont été érigées, à l'époque où déclinaient les civilisations les ayant construites. Lire à ce sujet :


Non moins chargée d'exorcisme, bien que laïque, une autre réponse est fournie par les idéologies modernes, qu'elles soient de droite comme de gauche, tant leur refus d'une représentation pyramidale de la société est unanime. Faut-il chercher les raisons de ce refus dans le fait que la représentation pyramidale de notre société, depuis qu’elle existe, frappe de nullité, autant les utopies qui promettent l’éradication des inégalités sociales – niant ce faisant l'altérité dans son principe –, que l'assurance de ceux qui voient dans ces mêmes inégalités les marches conduisant aux félicités d'un progrès sans fin ? Il est en effet possible que les uns et les autres soient gênés par une représentation mettant en évidence leur responsabilité dans l'atrophie d'une population – et en particulier de ses membres les plus pauvres –, constituant un réservoir de main d'œuvre et de consommateurs au service d'un développement sans limites. Même s'ils s'abritent cyniquement derrière l'adage selon lequel Il n'est de richesses que d'homme, les conséquences éthiques et écologiques d'une prolifération ayant fait passer la population mondiale de 1 à 7 milliards d'êtres humains depuis la première révolution industrielle, et laissant prévoir le franchissement du cap des 10 milliards pour le début du prochain siècle ne peuvent être éludées. D'autant que ne peuvent pas non plus être ignorées, par les moins conscients des responsables politiques, le rapport entre les ressources nécessairement limitées de notre planète et la multiplication insensée du nombre de ses premiers prédateurs. Moyennant quoi, dans une surenchère aussi fallacieuse qu'irresponsable, ils promettent à ceux dont ils briguent les suffrages, l'éradication ou pour le moins l'amélioration de leur condition, sans tenir compte de son caractère fondamental et incontournable, menant ainsi l'individu à la négation de ce qu'il a de plus sacré : lui-même.


Et nombre de chercheurs, infaillibilité scientifique aidant, se font les complices de ces politiques, en se noyant dans une autre surenchère – intellectuelle celle-là – entretenant le citoyen dans l'ignorance, voire le refus, de sa condition, plutôt que de l'éclairer sur sa réalité, en vue d'en contourner avec sagesse les aspects inacceptables. Les uns et les autres entretiennent ainsi la société dans une lutte illusoire, dont nul n'a aucune chance de sortir vainqueurs et qui ne fait qu'augmenter la frustration de ceux qui ont le plus à en souffrir.


Pathétiquement, tous ceux qui nient le caractère représentatif de la pyramide, dans sa permanence qui doit tout à sa simplicité ainsi qu'à une facilité de lecture qui en fait une représentation frappante de vérité et d’évidence, s'obstinent à vouloir y substituer les figures les plus diverses : un empilement de cercles (Goux/Maurin) une constellation (Henri Mendras/Simmel), le diabolo ou sablier (Alain Lipitz), le losange, la toupie (Louis Chauvel). Plus proches de la pyramide, la "tour Eiffel", la "bouteille de Coca" et autres rhomboïdes et strobiloïdes, ou encore la "toile cirée", cône déformable de Bernard Zimmern. Cette sophistication résultant de paramétrages et indices tous plus savants les uns que les autres conduit surtout à complexifier toujours plus une représentation pyramidale connue de tous temps, au seul motif que sa forme, résultant du lissage de ces paramètres, ne rend pas compte de la réalité avec suffisamment de précision. Mais Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi se soucier qu'il manque à plusieurs de ces artefacts l’assise sans laquelle le paradigme auquel ils se réfèrent est dénué de signification ? Qu'importe que la dimension fondamentale de la pyramide, celle sur laquelle elle doit reposer pour exister – en un mot sa base – soit absente de représentations qui prétendent s'en éloigner.


Certes, il est difficile, voire impossible, à des idéologues dont la curiosité est limitée par leurs doctrines, de concevoir la pyramide sociale pour ce qu’elle est, c’est à dire un empilement de ceux qui l’occupent, depuis les plus pauvres, indistinctement dénués de tout, à sa base – inamovible –, jusqu’à ceux dont la cupidité ou simplement l'ambition n'ont pas d'autres limites que les ressources dont ils tirent richesse et pouvoir. Même si une telle situation n'est en rien figée mais au contraire, sujette à un brassage permanent, résultant des efforts de certains pour s'extraire de leur condition ou des vicissitudes de l'existence, provoquant le déclassement des occupants de la pyramide sociale, tant vers le haut que vers le bas de la pyramide sociale, et richesse et pauvreté pouvant revêtir d'autres formes que matérielle (intellectuelle, morale, artistique, etc), encore faut-il le concevoir dans toute sa vérité, même quand la simplicité dérange.


En ce sens, la pyramide sociale a ceci de remarquable que comme pour toute pyramide sa base est plus volumineuse que son sommet et réciproquement ; ce qui signifie, puisqu’elle illustre l’empilement des catégories dont est constituée la société, que celles qui en occupent la base ont toujours été, sont et seront toujours plus nombreuses que celles qui logent à son sommet ; c'est là une évidence de portée universelle. À noter que la pyramide pourrait être remplacée par le cône, celle-là étant probablement préférée à celui-ci du simple fait de sa banalisation mais les deux offrant la facilité d'être réduits en coupe à un triangle ; ce que certains rejettent, prétextant qu'il manque à cette représentation sa troisième dimension, objection disparaissant curieusement lorsqu'il s'agit de la sphère, que suffit à représenter un cercle.


Mais ces réfutations ne relèvent-elles pas de la chicane au nom d'une orthodoxie contestant l'inégalité dans son principe, pourtant établi aussi naturellement que universellement ? Il en est, en matière de représentation de la société, comme de ces mots dont certains croient qu’il suffirait de les exclure des dictionnaires et des constitutions pour éradiquer les maux qu’ils désignent. Suffirait-il de remplacer la pyramide par une autre figure pour supprimer les inégalités sociale dont elle est l’illustration ? À en juger par les piètres résultats d'un combat livré depuis des millénaires au nom de la lutte des classes, le refus sectaire d'une évidence ne semble pas être en tout cas le meilleur moyen de traiter des problèmes sociaux dont il est pour le moins regrettable qu'un large partie de l'élite refuse de voir leur augmentation incessante pour ce qu'elle est, c'est à dire fondamentalement d'ordre structurel et démographique.


Certes, la segmentation de la société en catégories sociales peut être d'une précision différente selon les pays et les époques observées, mais une augmentation de richesse globale de la société, quelle que soit l'échelle à laquelle elle est observée, étire la pyramide sociale vers le haut et inversement. Si cette augmentation de richesse globale s'accompagne d'un appauvrissement de la classe moyenne, donnant à la pyramide l'allure d'une "tour Eiffel" dont la base sera d'autant plus étendue que la proportion de pauvres croîtra elle aussi ; si la classe moyenne est concernée par un accroissement de richesse, seule la partie médiane de la pyramide sociale en subissant les effets, lui donnant l'allure d'un rhomboïde ; si l'augmentation de richesse affecte à la fois les plus pauvres et les membres de la classe moyenne, le profil de la pyramide sociale prenant l'aspect d'une bouteille de de Perrier, il s'agit là d'autant de situations entraînant une déformation de la pyramide sociale sans pour autant démentir son caractère représentatif fondamental. Or c'est sur ce dernier qu'il s'agit d'abord de raisonner pour comprendre le mécanisme régissant le rapport entre les trois principales catégories, ou classes, structurant la société.
La représentation de la société par la pyramide peut s'adapter à des conditions particulières et se déformer en fonction de critères particuliers, sans nier sa segmentation en trois parties respectant le principe selon lequel sa population va décroissant en nombre depuis sa base vers son sommet et inversement. Il est ainsi possible d'apprécier, à critères de segmentation comparables, l'incidence sur les autres segments de la pyramide ainsi définis, de toute évolution de l'un ou l'autre d'entre eux. Sans omettre la variation des écarts de richesse, globale ou individuelle, que mesure la distance entre sommet et base de la pyramide sociale.

La responsabilité des politiques est lourde de conséquences, lorsque par démagogie ou se pliant aux frilosités de leurs électeurs, comme aux exigences de leurs idéologies ou aux finesses des experts, ils refusent de considérer le caractère pyramidale de notre société, avec ses conséquences, aggravées par la démographie. C'est de leur part, davantage que méconnaître leur rôle, admettre la fatalité qu'ils sont censés combattre.



jeudi 1 janvier 2015

Bonne année 2015

Bonne année

L'an neuf saura nous plaire comme l'autre nous plut
Et nous, pour l'accueillir, le fêtons tant et plus.
Lui manquent les absents, tous ceux qui ne sont plus.
Chaque an mange sa part ; l'an passé un peu plus
Que ses frères aînés qui moururent repus.

Toujours en ses débuts il nous fait bonne mine.
Et toujours nous croyons sa chanson pateline.
Fini les mauvais jours, la misère, la famine !
Un monde assagi où le bonheur domine,
Des temps toujours plus beaux et que rien ne termine.

L'amour partout présent garnira les berceaux
Des enfants pleins de vie croîtront, toujours plus beaux.
Nos projets conduiront à des bonheurs nouveaux,
Le soleil nous fera oublier tous nos maux.

Puis nous déchanterons. En égrenant les mois
Nous vieillirons d'un an, comme les autres fois.
Le lui reprocherons, dans votre désarroi.
Chaque chose en son temps ... Conservons notre foi !

Il sait qu'à l'an prochain nous ferons même fête,
Il n'en n'est pas jaloux ; chaque année se répète.

Brillant de tous ses feux, sa jeunesse éternelle
Le proclame avec nous :

L'an passé est bien mort. Vive l'année nouvelle !

Notre condition sociale est avant tout héréditaire

Pauvreté et richesse
Notre condition sociale est avant tout héréditaire


Ce billet répond à la découverte que font subitement d'éminents chercheurs, du fait que les familles les plus riches comme les plus pauvres sont toujours les mêmes depuis des siècles.
Cf. à titre d'exemple :




Ce qui paraît distinguer l'homme des autres espèces animales est qu'il a conscience de sa condition, et cela est de plus en plus vrai chaque jour et pour tous, à commencer par ceux qui vivent dans une précarité plus ou moins grave. Et si la compassion, la charité, la solidarité, spontanées comme imposées, peuvent en modifier les effets dans une mesure toujours insuffisante, elles sont tout aussi incapables que la lutte des classes la plus acharnée de changer un état de fait aussi vieux que le Monde.


À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en comptera bientôt 9,5, dont plus de 6 vivront dans un état de pauvreté, profonde ou relative selon les critères généralement admis. Et chaque jour plus de 250 000 êtres humains s'ajoutent à la population terrestre. Or, en raison de la structure de la société, par l'effet d'une fatalité qui les fait naître ce qu'ils sont et des taux de natalités les plus élevés, les pauvres, qui représentent la grande majorité de ces nouveaux arrivants, vont s'ajouter à ceux qui occupent déjà la base de la pyramide sociale. La composition de celle-ci est donc de nature avant tout héréditaire, aggravée par la démographie. Non seulement les pauvres ne peuvent enfanter que des pauvres (comme les riches enfantent des riches), mais leur nombre s'accroît proportionnellement à la place qu'ils occupent dans la société, et les taux de natalité dont ils font preuve aggravent encore les effets de cette proportionnalité.


Dans la recherche d'une société aussi équilibrée que possible – dans laquelle chacun est incontournablement le pauvre ou le riche de plus riche ou de plus pauvre que soi –, le devoir prioritaire de tous n'est-il pas désormais d'aider l'humanité à limiter sa fécondité ? Sachant :
1° que par simple effet de proportion les pauvres seraient les plus nombreux à en bénéficier.
2° que si nous n'en sommes pas capables la nature nous y contraindra d'autant plus durement qu'elle sera conduite à le faire tardivement.