Avec
ses deux objectifs proclamés par le Président Macron :
« inciter le retour au travail et faire des enfants une
priorité. » le plan pauvreté français manque de réalisme,
faute de référence à une situation planétaire qui en conditionne
la pertinence. Il en est comme si nos dirigeants n’avaient pas
pleine conscience de ce qu’ils prétendent combattre, ce qui les
fait se tromper d’époque, de situation et de cible. Les
“politiquement pauvres” hexagonaux visés n’ont rien à voir
avec cette pauvreté profonde, plaie béante au flanc de l’humanité
qui en détermine toutes les autres formes et niveaux. Quel rapport
en effet entre les pauvres dont se préoccupe un pouvoir à coup de
subventions, et le milliard et demi de miséreux qui habitent les
bidonvilles partout dans le monde et vivent avec moins de 2 dollars
par jour en se reproduisant 20 fois plus que leurs frères es
espèces, avec qui ils partagent chaque jour un peu plus leurs
malheurs ?
Dès
lors, de quelle pauvreté, de quel travail, de quels enfants
s’agit-il ? Le BIT (Bureau International du Travail) et la BM
(Banque Mondiale) parlent de la création de 40 à 50 millions
d’emplois par an pour les 10 prochaines années. Dans le même
temps, le nombre d’humains – donc de demandeurs de travail
rémunéré – augmentera d’un peu moins de 100 millions
annuellement et la décroissance économique, donc l’augmentation
du chômage, menacent chaque jour un peu plus pour des raisons liées
à nos ressources et à nos déchets.
Prisonniers
des mêmes tabous que leurs prédécesseurs qu’ils ont mis au
repos, nos jeunes gouvernants dont nous aurions pu attendre une
nouvelle façon de voir l’avenir, en ont une vision tout aussi
étriquée et se montrent incapables de l’intégrer pour ce qu’il
est. La richesse collective n’a cessé de croître et de
s’accumuler depuis que l’homme existe, du simple fait qu’il
soit, avant toute opinion et autres considérations, un agent
économique, dès avant sa naissance et bien après sa mort – Les
marchés prénatal et post-mortem en témoignent. Et ces agents
économiques sont passés en 20 siècles de 250 millions à bientôt
8 puis plus de 11 milliards. Or cette richesse se partageant, plus
sont nombreux ceux qui y prétendent moins la part moyenne de chacun
est importante, pendant que se multiplient ceux qui n’en ont même
pas les miettes.
Trois
informations pourront intéresser les lecteurs désireux
d’approfondir ce qui précède. Donnant une idée de l’évolution
de la grande pauvreté et de ses causes ; deux sont empruntées à
Population Media Center.
Il
s’agit tout d’abord d’un article intitulé “Nouvelles de la
politique démographique en Tanzanie”, extrait du journal “The
Citizen : « À Dar es-Salaam, ce n’est pas la première
fois que le Dr Magufuli s’exprime publiquement contre la
planification familiale. Après le lancement de l’enseignement
primaire et secondaire gratuit en 2016, il a déclaré : « Les
femmes peuvent maintenant jeter leurs contraceptifs. L’éducation
est maintenant gratuite”. Ses remarques ont attiré l’attention
d’un grand nombre de lecteurs, à l’instar des médias
internationaux. Mais jeudi, le Dr Ulisubisya a cherché à
assurer que rien n’a changé.
La
Tanzanie a adopté une législation sur la planification familiale en
1976 et celle-ci est restée en vigueur depuis. Le principal
objectif de la politique est de prévenir la mortalité maternelle et
infantile. Il préconise, entre autres, la naissance entre 18 et
35 ans chez les femmes et un intervalle d’au moins trois ans entre
les grossesses.
« Le
président a simplement exhorté les parents à supporter le nombre
d’enfants qu’ils peuvent nourrir. Ses remarques étaient que les
gens ne devraient pas être empêchés de se reproduire », a
expliqué le Dr Ulisubisya. Ni le ministère ni les bailleurs de
fonds n’avaient jamais imposé de réglementation limitant les
familles à un certain nombre d’enfants. Il a déclaré que la
politique de planification familiale avait pour seul objectif de
protéger la santé et le bien-être de la mère et de l’enfant.
« Si une femme
accouche chaque année, son corps devient faible et vulnérable aux
problèmes de santé. Cela affecte également la croissance de
l’enfant à naître », a-t-il déclaré.
La
deuxième information est dans le dernier rapport de la fondation Gates qui s’émeut plus ouvertement qu’à
l’habitude de la situation de croissance rapide de la population
mondiale : «… Des décennies de progrès remarquables
dans la lutte contre la pauvreté et la maladie pourraient être au
point mort. En effet, les régions les plus pauvres du monde
croissent plus vite que partout ailleurs. Il est
plus difficile de mener une vie saine et productive. Si les tendances
actuelles se poursuivent, le nombre de pauvres dans le monde cessera
de diminuer et pourrait même commencer à augmenter. »
Enfin, la troisième
information, accessible par le lien ci=après, émane de la revue
“Sciences et techniques” qui fait le point sur l’accès à ce
droit en France et dans le monde à l’occasion de la Journée
mondiale du droit à l’avortement :