Une
fois de plus un chef
d’État
zappe l'incidence de la situation
planétaire
sur celle
de son
pays et
ce ne sont pas ses interlocuteurs, prisonniers de la pensée
dominante et trop
préoccupés de
leur
ego
médiatique,
qui l’auraient entraîné dans l’évocation
d’une
problématique de
cette envergure.
De
nombreux
auditeurs,
dont
les responsabilités l’exigent ou simplement capables
de s’extraire de leur quotidien au moins le temps d’un entretien
de ce genre,
en serait pourtant curieux. À
croire que la représentation que peut constituer une émission à
caractère politique et le jeu de ses acteurs valent plus que le sort
de
l’humanité et celui de
dizaines de millions de citoyens tel
qu’il en découle.
Pourtant
c'est
là,
bien au-delà de l’hexagone,
que
se situe la
cause première, en même temps que la solution de
problèmes aux
dimensions dorénavant
imposées
par la mondialisation à
tous les
mécanismes économiques, financiers et
sociaux. Et
que
cette
mondialisation soit
accusée
à tort ou
à raison d'avoir
été un choix politique des uns ou des autres et
d'être à l'origine des maux dont souffre l'économie française
comme, à des degrés divers et sous diverses formes, celle de tous
les pays du monde, n’y
change rien. La
mondialisation est là, résultat d'un progrès inéluctable –
auquel chaque être humain a œuvré en tant que consommateur –
s'étant notamment manifesté en matière d'information et de
communication et par lequel les frontières entre les États sont
tombées et continuent de le faire les unes après les autres ;les
flux migratoires politiques, ethniques, religieux, climatiques, etc.
en attestent quotidiennement, avec toutes conséquences sur la vie de
toutes les nations.
C'est
par cela que sont bousculés les schémas traditionnels auxquels
continuent imperturbablement de se référer les économistes et ceux
qui les écoutent ; comme si bientôt 10 milliards de terriens
et la déferlante quotidienne de 280 000 êtres humains
supplémentaires (soit près de 100 millions par an) était une
peccadille sans incidence sur les conditions d’existence des pays,
non seulement les plus pauvres – dans lesquels elle se
manifeste en premier lieu –, mais sur celle des pays riches, où se
déverse une part grandissante de ce surplus de population qu'ils ne
sont pas préparés à accueillir, étant de plus incapables de
fournir à ceux qui le composent le travail qu'ils viennent y
chercher.
Il
en est alors comme de l'arbre qui cache la forêt. La dette, le
chômage, des croyances obscures et archaïques ; des égoïsmes
identitaires et corporatistes ; le sectarisme des uns et des
autres, les savants raisonnements et les indices au service de leurs
seuls inventeurs, masquent l'essentiel, qu'est la démesure d'une
population chaque jour plus difficile à nourrir autant qu'à
gouverner, ce que chacun peut comprendre.
Quand
donc un chef d’État en exercice se décidera-t-il à tenir à ses
concitoyens ce langage d’adultes, plutôt que de leur promettre
d’appliquer à leurs maux des remèdes qui ne peuvent être, dans
un tel contexte planétaire, que cautère sur jambe de bois ?
C’est
d’autant plus nécessaire que c’est aussi cette démesure
mondiale qui est à l’origine des inégalités sociales que tant de
bonnes intentions ont combattues au cours des siècles et qui n’ont
pour autant pas cessé d’augmenter.
Avec
ou sans
Macron, Bourdin
et Plenel,
plus le temps passe plus la population augmente (1 à 7 milliards en
1 siècle et 11 milliards à l'horizon 2100) et
avec
elle ses besoins –
vitaux
comme superflus –
et la nécessité de les satisfaire, d'où une croissance économique
ininterrompue générant toujours plus de profits pour tous, à
commencer par les plus riches, par simple effet d’échelle
et de
proportion, les
pauvres se multipliant structurellement 6 fois comme ces
riches.
Ainsi
va un progrès qui a pour effets
d’accroître
richesse et pauvreté, dans leur relativité, et de
développer la pyramide sociale dans ses trois dimensions, dont sa
hauteur, ce qui éloigne toujours plus son sommet de sa base et
creuse les écarts qui en résultent, entre les catégories sociales
et les individus dont elles sont faites.
Pendant
ce temps-là les hommes en restent à leur quotidien surévalué ou à
leurs fantasmes égalitaires, et débattent en affichant une
compassion dévoyée à l’égard des plus démunis, dont la
clientèle ne cesse de croître face à la prospérité de ceux qui
prétendent hypocritement ou sottement les défendre.
